Lyon: Comment les réductions d'effectifs à Météo France peuvent impacter le grand public

SERVICES PUBLICS Météo France sera en grève jeudi pour dénoncer des suppressions de postes et la fermeture de plusieurs centres ...

Caroline Girardon

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Logo de Météo-France devant Météopole, le campus toulousain siège de l'organisation, le 4 mars 2014
Logo de Météo-France devant Météopole, le campus toulousain siège de l'organisation, le 4 mars 2014 — Eric Cabanis AFP

Dénoncer « l’hypocrisie du ministère de l’écologie ». Jeudi, les différents centres de Météo France devraient observer une journée de grève. En cause : l’annonce d’un plan de réduction des effectifs prévu dans les prochaines années. « A l’heure où le ministère affiche sa mobilisation pour la réussite de la Cop 21, la casse se poursuit dans notre établissement », déplore François Giroux, délégué syndical pour la région « centre-est ».

Dans cette zone, comprenant la Bourgogne, l’Auvergne et Rhône-Alpes, sept implantations ont été fermées depuis 2012, parmi lesquelles Ambérieu, Aubenas et Grenoble-St-Geoirs. « Deux autres suivront en 2016 : Saint-Etienne et Chambéry ». Des informations que nous n’avons pas pu vérifier auprès de la direction. Pour le météorologue, ces décisions ont un impact direct sur le grand public.

Des prévisions moins fines

« Nos prévisions ne s’adressent pas uniquement aux particuliers mais à de nombreux acteurs économiques : les agriculteurs, les gestionnaires de route, les producteurs d’énergie, les professionnels du tourisme ou du bâtiment », précise-t-il.

« Avec moins de personnels, nous n’avons plus le temps de réaliser des prévisions fines pour alerter sur des phénomènes dangereux », explique François Giroud. Et d’ajouter : « On a eu l’exemple en Haute-Loire, où nos prévisions de température hivernales étaient fausses. Le conseil général a constaté qu’il faisait plus froid que prévu. Il a été pris de court sur le terrain, salant les routes tardivement. A l’inverse, d’autre fois, il a salé préventivement alors qu’il n’y en avait pas besoin. Ce qui a entraîné des dépenses d’argent plus importantes ».

Des centres éloignés des usagers

Autre conséquence soulevée par le délégué syndical : les services de prévision, de plus en plus centralisés, sont désormais éloignés géographiquement des usagers. « Les appels passés de Rhône-Alpes sont renvoyés sur le centre de Lille. Les réponses apportées sont forcément plus longues et moins précises. »