Avalanche : Les secouristes de haute-montagne s'entraînent avant l'arrivée des vacanciers

SECURITE Mardi matin, près d'une centaine de professionnels de la montagne ont pris part à un exercice aux 2 Alpes, dans l'Isère, afin d'être les plus réactifs possible en cas d'avalanche...

Caroline Girardon

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Les professionnels de la montagne se sont entrainés à secouristes des personnes emportées par une avalanche, dans le cadre d'un exercice mené avant l'arrivée massive des skieurs.
Les professionnels de la montagne se sont entrainés à secouristes des personnes emportées par une avalanche, dans le cadre d'un exercice mené avant l'arrivée massive des skieurs. — C. Girardon / 20 Minutes

De notre envoyée spéciale aux Deux Alpes (Isère)

Les 2 Alpes, 3.200 mètres d’altitude, 10h30. Une plaque de neige se décroche en contrebas du glacier, déclenchant une importante avalanche sur une piste skiable. Cinq personnes ensevelies sous des monticules de neige, qu’il faut retrouver au plus vite… Voilà le scénario présenté aux CRS et secouristes de haute montagne, mardi matin. Avant l’arrivée massive des skieurs pour les vacances de Noël, les professionnels de la montagne ont décidé de s’exercer « afin de se mettre en condition réelle ».

« Nous avons imaginé un scénario au-delà de la norme, créant des conditions de stress. Les participants ne savent pas combien de personnes ont été emportées par l’avalanche. D’autant que nous avons rajouté des difficultés pour que rien ne se passe comme prévu », explique Laurent Soullier de la CRS Alpes.

« Un ordinateur de bord à l’intérieur de la truffe »

Pisteur et maître-chien, Pierre est l’un des premiers à arriver sur place, accompagné de Gaspard. La truffe en alerte, le Golden Retriever flaire dans les moindres recoins, s’agite devant un tas de neige et commence gratter. « C’est comme s’il avait un ordinateur de bord à l’intérieur de la truffe, explique Pierre à propos de son fidèle compagnon. Il a un odorat tellement poussé qu’il est capable de distinguer les molécules lourdes et donc l’odeur d’humain, enseveli sous la neige. »

Pari gagné. Armés de pelles, les pisteurs parviennent à creuser un tunnel et dégager une première victime, en vie, avant même l’arrivée des renforts. C’est elle qui indiquera qu’elle se trouvait en compagnie de quatre autres personnes. La course contre la montre commence.

Passées 15 minutes, les chances de survie sont minces

« Les premières minutes sont très importantes. Après un quart d’heure, les chances de survies se réduisent considérablement », indique Philippe, secouriste de la CRS Alpes Grenoble.

« L’exercice est d’autant plus compliqué que la coulée de neige mesure près de 200 mètres de long », poursuit-il. « Vous imaginez la difficulté. Une plaque de 10 mètres mesure un mètre d’épaisseur représente environ 35 tonnes de neige. Aujourd’hui, c’est 100 fois plus ».

« On se rapproche d’une médecine de guerre »

Au loin, les moniteurs de ski, venus prêter main-forte aux CRS, piquent la neige centimètre par centimètre à l’aide d’immenses bâtons. La présence d’une raquette leur laisse imaginer que la dernière personne disparue n’est pas loin. Epuisés, ils s’apercevront au bout de deux heures que la victime est là, dans une zone qu’ils avaient pourtant passé au peigne fin.

Tandis que les agents de la police judiciaire procèdent aux premières constatations, les secours font face à un dilemme. Sous la coordination des médecins, ils doivent trier les victimes. « On se rapproche d’une médecine de guerre. Il faut donner la priorité à ceux qui peuvent être sauvés », indique Florian Austruy de la CRS de Nice.

Seul un skieur sur deux, emporté dans une avalanche importante, a une chance de s’en sortir. Mardi, trois des cinq personnes ont été retrouvées vivantes dans le cadre de cet exercice.