Trail nocturne: Comment la SaintéLyon est devenue une course mythique

COURSE A PIED « 20 Minutes » décrypte les cinq raisons principales du succès de la SaintéLyon, qui aura lieu dans la nuit de samedi à dimanche…

Jérémy Laugier

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Le filet de lumières fait aussi le charme de la SaintéLyon, qui comptera pour la première fois 7.000 engagés sur la distance de 72 km en solo.
Le filet de lumières fait aussi le charme de la SaintéLyon, qui comptera pour la première fois 7.000 engagés sur la distance de 72 km en solo. — Gilles Reboisson

Il s’agira déjà de la 62e édition, dans la nuit de samedi à dimanche, et la SaintéLyon ne bat toujours pas de l’aile. Bien au contraire même, puisque le total maximum de 15.000 inscriptions est atteint depuis plusieurs semaines. L’épreuve comptait tout juste 1.500 participants au début des années 2000. 20 Minutes vous présente les cinq raisons pour lesquelles cette course de 72 km entre Saint-Etienne et Lyon est devenue mythique.

Les grandes courses sont rares en décembre

Très éloignée des calendriers surchargés du printemps et de l’été, la SaintéLyon ne souffre quasiment d’aucune concurrence à l’approche du début de l’hiver. Hormis la Corrida de Noël à Issy-les-Moulineaux (annulée cette année après les attentats du 13 novembre), l’épreuve est donc la priorité des compétiteurs souhaitant se fixer un challenge en fin d’année.

Le départ à minuit fait son charme

Il n’est pas rare de voir des trails longue distance et aux dénivelés conséquents fixer leur départ à 3 ou 4 heures du matin, surtout en cas de fortes chaleurs annoncées. Mais la SaintéLyon a cette étonnante spécificité d’un départ à minuit de Saint-Etienne.

« Je suis curieuse de voir le côté apaisant qui accompagne un trail de nuit, ainsi que toutes ces lumières qui font partie du charme de la SaintéLyon », confie à ce sujet la jeune Lyonnaise Camille Neumann, qui va participer à sa première SaintéLyon samedi. Ce jeu de lumières est notamment impressionnant sur les crêtes des monts du Lyonnais.

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Des conditions météo souvent extrêmes

Ce départ à minuit, un premier week-end de décembre, entraîne très souvent d’hallucinantes conditions de course. « Sur les dernières éditions, nous avons tout connu, entre la neige, la pluie et la boue », explique ainsi Romain Houzé, directeur du pôle running chez Extra Sports et organisateur de la SaintéLyon.

Si cette 62e édition s’annonce particulièrement clémente avec un temps sec et des températures annoncées entre 4 et 8 °C, Romain Houzé garde un souvenir majeur. « En 2010, il y avait de la neige sur l’ensemble du parcours et un participant arrivé en fin de peloton s’est jeté dans mes bras juste après la ligne. Il tenait à me remercier de lui avoir permis de courir dans un mètre de neige », sourit l’organisateur.

Plusieurs formules habilement ajoutées

L’organisation a tenu à augmenter cette année la proportion d’inscrits sur la course phare de 72 km en solo, avec pour la première fois de l’histoire 7.000 participants. Il n’empêche qu’un des défis d’Extra Sports depuis 2001 a surtout été d’ajouter d’autres formules.

Il existe désormais la course de 44 km rejoignant la Halle Tony Garnier à Lyon depuis la commune de Sainte-Catherine (SaintExpress), la 22 km depuis Soucieu-en-Jarrest (SaintéSprint) et enfin les relais à deux, trois ou même quatre. De quoi parfaitement s’ouvrir à tous les nouveaux passionnés pouvant franchir à leur rythme les paliers de la SaintéLyon. « Nous profitons pleinement de l’avènement du running depuis cinq ans », confirme Romain Houzé.

Des chemins toujours plus hauts

En dix ans, la SaintéLyon a grandement changé de visage en renversant son rapport historique de 60 % de route - 40 % de chemins. Et ce car les amateurs de l’épreuve ont plutôt un profil de trailers que de coureurs à pied.

C’est aussi pour cela que l’atypique raid nocturne a tenu à augmenter son dénivelé en 2015, avec 1.950 m positif et 2.250 m négatif. Un changement opéré en passant par le « Signal » de Saint-André-la-Côte, point culminant historique (934 m) pour la SaintéLyon.