Lyon: Cinq ans de prison avec sursis pour la mort d'une femme lors d'un «désenvoûtement»

JUSTICE Des femmes ont été condamnées jeudi à cinq ans de prison avec sursis après avoir tué une tierce personne, qu’elles croyaient possédée…

C.G. avec AFP

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Illustration de dossiers à la cour d'assises du Rhône. Lyon, le 12 novembre 2013. C Villemain/20 Minutes
Illustration de dossiers à la cour d'assises du Rhône. Lyon, le 12 novembre 2013. C Villemain/20 Minutes — C. Villemain/20 Minutes

Le verdict est tombé. Des peines de cinq ans de prison avec sursis ont été prononcées jeudi à l’encontre de deux femmes, jugées depuis mardi devant la Cour d’assises du Rhône. Les jurés se sont montrés plus cléments que l’avocat général ayant requis une et deux années de prison ferme.

Rania Rouabhi, 52 ans, et Saoussen Dridi, 34 ans, étaient poursuivies pour « violences commises en réunion ayant entraîné la mort sans intention de la donner ». En 2007, elle avait asphyxié la mère de la seconde, qu’elle croyait possédée, lors d’une séance de « désenvoûtement ».

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« Nous avons deux personnes dont l’euphorie a mené à cet acte totalement irrationnel », a déclaré dans son réquisitoire l’avocat général, Guillaume Michel, évoquant « une dynamique de la mort ».

Les deux femmes, dépressives, s’étaient rencontrées en juin 2007 dans un hôpital de Lyon où elles séjournaient après une tentative de suicide. Elles s’étaient rapidement liées d’amitié. La plus jeune, ayant confié à l’aînée que sa mère âgée de 77 ans était possédée par un esprit malin. Cette dernière lui avait alors suggéré de la « désenvoûter » en lui enfermant la tête dans un sac plastique. Asphyxiée, la victime est décédée quelques heures plus tard à l’hôpital.

Derrière un « désenvoûtement » mortel, deux vies en perdition

A l’encontre de Rania Rouabhi, qui s’était « autoproclamée guérisseur » et avait agi « sans le consentement de la victime », l’avocat général avait demandé de quatre à cinq ans d’emprisonnement, « dont deux ans ferme ». Il avait requis une peine de prison similaire mais avec un an ferme seulement à l’encontre de la jeune femme.

Le magistrat avait assorti ses réquisitions d’une mise à l’épreuve avec obligation de soins, les expertises ayant fait ressortir de nombreuses failles dans la personnalité, fragile et perturbée, des deux accusées.

« Deux paumées »

« La rencontre de ces deux paumées, c’est la matrice de cette tragédie », a plaidé Wilfried Grepinet, avocat de Rania Rouabhi, minimisant la responsabilité de sa cliente et appelant à la clémence de la cour. « En restant dans son coin, on ne peut être complice », avait répondu le conseil de Saoussen Dridi, Malik Nekaa.