COP21 : Dans le quartier Confluence de Lyon, économie d'énergie ne rime pas avec économie d'argent

Environnement Inauguré en septembre 2015, Hikari, le nouvel ensemble de bâtiments de Lyon Confluence est le premier îlot urbain à énergie positive. Ce statut semblait promettre des économies de charges conséquentes aux propriétaires et locataires. Mais, à l’heure de la COP21, ils déchantent…

Pierre Comet

— 

Hikari est un ensemble de trois bâtiments de 12800m2. Il consomme 50% de moins que les normes actuelles.
Hikari est un ensemble de trois bâtiments de 12800m2. Il consomme 50% de moins que les normes actuelles. — P. C.

Certes, il n’a pas choisi de débourser 600.000 euros sur ce seul argument. Néanmoins, quand Gérard, Lyonnais d’une cinquantaine d’années, a investi dans un appartement de 110 m2 au sein d’Hikari, le nouvel ensemble de bâtiments de Lyon Confluence, il n’était évidemment pas contre le fait de bénéficier de charges minimales… comme semblait le promettre ce tout premier îlot urbain à énergie positive de France (capable de produire plus d’énergie qu’il n’en consomme).

Malheureusement, quatre mois après l’emménagement, la réalité n’est pas tout à fait celle espérée. Les premières charges sont tombées au sein de l’ensemble immobilier de 12.800 m2. Et elles sont loin d’être légères. 1000 euros pour un trimestre. Soit plus de 300 euros par mois. C’est plus que dans la plupart des logements anciens, qui ne disposent pourtant pas de cellules photovoltaïques, ni de dispositifs de mutualisation d’énergie permettant théoriquement à Hikari de consommer 50 % de moins que les normes actuelles

« On nous a raconté des carabistouilles »

« J’ai bien l’impression qu’on nous a raconté des carabistouilles, peste Gérard. On nous a annoncé trois à quatre fois moins de charges énergétiques mais on a oublié de nous dire qu’on allait devoir payer une fortune en entretien de matériel. C’est une vraie usine. »

Marc, locataire au sein d’Hikari, d’ajouter : « Il ne fallait pas confondre économie d’énergie et économie financière. Les bâtiments font certainement beaucoup de bien à la planète mais pas au portefeuille. C’est la réalité de la transition énergétique qui se joue aujourd’hui avec la COP21 ».

« Energie positive ne veut pas dire coût zéro »

Marc n’a manifestement pas tort, à entendre Bouygues Immobilier, promoteur du projet Hikari (lumière en japonais). « Une erreur de communication a peut-être été commise, confesse Ana Vidal, directrice régionale immobilier d’entreprise. Energie positive ne veut pas dire coût zéro. Il est exact que la technologie mise en œuvre est complexe et nécessite un entretien particulier. Cependant les charges auxquelles sont confrontés les habitants d’Hikari ne sont, pour l’heure, que des provisions. L’administrateur a œuvré en règles de prudence. Le montant va baisser car le bâtiment n’a pas encore une régulation optimale. Par ailleurs, la vente de l’électricité récoltée par les cellules photovoltaïques n’a pas commencé. Ce sera véritablement optimal en 2017. Les charges seront alors du niveau de ce qui peut exister ailleurs. Puis, à terme, elles seront moindres. Le prix des énergies fossiles est condamné à augmenter… »