Lyon: Jugées pour avoir tué une femme lors d'une séance de « désenvoûtement »

JUSTICE Deux femmes de 52 et 34 ans comparaissent depuis mardi devant les assises du Rhône pour avoir provoqué la mort d’une tierce personne qu’elles pensaient possédée…

C.G. avec AFP

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Illustration palais de justice, Tribunal de Lyon, le 15 novembre 2012. CYRIL VILLEMAIN/20 MINUTES
Illustration palais de justice, Tribunal de Lyon, le 15 novembre 2012. CYRIL VILLEMAIN/20 MINUTES — C. VILLEMAIN/20 MINUTES

Elles se sont connues en 2007, dans un hôpital de la ville de Lyon. L’une Rania Rouabhi était âgée à l’époque de 44 ans. L’autre, Saoussen Dridi avait 26 ans. Toutes deux, souffrant de dépression, séjournaient dans le même établissement de soin après avoir tenté de mettre fin à leur jour.

Huit ans plus tard, les deux femmes se retrouvent assises côte à côte sur le banc des accusés, jugées depuis mardi par la cour d’assises du Rhône. Elles sont accusées d’avoir provoqué la mort de la mère de Saoussen en voulant… la « désenvoûter ».

Etouffée par un sac plastique

Le 27 juin 2007, la victime, 77 ans, arrive aux urgences, après que sa fille eut appelé les secours. Elle meurt alors d’un œdème cérébral. Les médecins sont formels : le décès est lié à une asphyxie par suffocation.

Interrogée par les enquêteurs, Saoussen Dridi explique confusément que sa mère était possédée par un esprit malin. Son amie lui aurait alors suggéré son aide, proposant de la « désenvoûter ». Ce que la jeune femme accepte. Une séance qui va tourner au drame. La victime succombe, étouffée, la tête dans un sac plastique, utilisé pour que le « malin » sorte par ses yeux et ne puisse s’échapper ensuite.

20 ans de prison

Si l’une affirme ne pas avoir assisté à ce rite fatal, l’autre soutient le contraire. La cour s’est plongée mardi dans l’examen de la personnalité des deux accusées, aux vies chaotiques et douloureuses avant ce drame dont elles se rejettent la responsabilité.

Toutes deux sont poursuivies pour des violences commises en réunion ayant entraîné la mort sans intention de la donner et encourent 20 ans de réclusion criminelle. Le verdict est attendu jeudi.