Lyon: Trois référés déposés contre le Village d'insertion des Roms à Saint-Genis-les-Ollières

POLÉMIQUE L'association de défense des intérêts des riverains a saisi le tribunal administratif...

Elisa Frisullo

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L'opposition est grande à Saint-Genis-les-Ollières, près de Lyon, contre l'implantation d'un village d'insertions de roms.
L'opposition est grande à Saint-Genis-les-Ollières, près de Lyon, contre l'implantation d'un village d'insertions de roms. — capture d'écran

Deux mois après l’annonce de l’installation d’une quinzaine de familles Roms à Saint-Genis les-Ollières, le projet a toujours du mal à passer dans cette petite commune cossue de l’Ouest Lyonnais. L’association Chapoly, destinée à préserver les équilibres environnementaux, économiques, éducatifs et sociaux sur la commune, vient en effet de saisir la justice contre ce projet jugé « inadapté » et « disproportionné ».

D’ici à la fin de l’année, la préfecture du Rhône souhaite accueillir 80 personnes dans un Village baptisé I2E (Intégration par l’Emploi et l’Ecole) sur le site de Chapoly appartenant au ministère de la justice. Un lieu où cohabitent déjà 85 réfugiés politiques et une dizaine de jeunes délinquants.

Un risque pour l’environnement ?

Pour protester contre ce projet, « monté sans concertation », l’association Chapoly a déposé trois référés devant le tribunal administratif de Lyon. Le premier, un référé en urgence sur lequel la justice devrait se prononcer dans les prochaines heures, vise à faire annuler le projet en raison de son impact environnemental sur la commune. « Le site de Chapoly est une zone naturelle sur laquelle se sont développées de la faune et de la flore. Pour installer ce village, des modulaires (mobile-home) avec des canalisations vont être aménagés et on ignore quelles seront les conséquences sur l’environnement », indique Michel Dupoizat, président de l’association.

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Selon les riverains, le terrain, occupé par un fort, serait également dangereux pour le public en raison de la présence d’amiante et de multiples recoins dangereux pour les enfants. Deux autres requêtes ont également été déposées pour réclamer la suspension immédiate de la convention d’occupation du terrain et du permis de construire délivré la semaine dernière par le préfet du Rhône Michel Delpuech.

« Pour de multiples raisons, ce projet est disproportionné » pour notre commune de 4 800 habitants et pour nos infrastructures (écoles, crèches…) qui vont être saturées », ajoute Michel Dupoizat, qui a interpellé la préfecture et le ministère de l’Ecologie sur ce projet et les inquiétudes de la population. « Sans grande réponse », regrette-t-il.

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Menace levée sur les régionales

La semaine passée, le maire de la Ville Didier Crétenet, dénonçant un « déni de démocratie », et une décision prise « dans un cadre autoritariste » avait menacé de ne pas organiser les élections régionales les 6 et 13 décembre dans sa commune et avait appelé les riverains à renvoyer symboliquement leurs cartes d’électeurs à la préfecture. Rappelé à l’ordre par le préfet, l’édile (sans étiquette) aurait, selon nos informations, décidé d’organiser le scrutin dans les cinq bureaux de vote de la commune.

« Nous sommes très attachés à la citoyenneté, mais renvoyer nos cartes d’électeurs est un acte symbolique de protestation que nous soutenons totalement. Nous n’avons pas besoin de cela pourra aller voter », ajoute le président de l’association Chapoly.