Régionales: Le maire de Saint-Genis-les-Ollières rappelé à l'ordre par le préfet

POLÉMIQUE Le maire de Saint-Genis-les-Ollières refuse d’organiser les élections régionales à cause d’un projet d’installation de familles Roms dans sa commune…

Olivier Aballain

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La façade de la mairie de Saint-Genis-les-Ollières (69)
La façade de la mairie de Saint-Genis-les-Ollières (69) — Google Street View

La situation s’envenime entre le préfet du Rhône et le maire de Saint-Genis-les-Ollières. Didier Cretenet, élu de cette commune de 4 800 habitants de l’ouest de Lyon, vient de recevoir un rappel à l’ordre de Michel Delpuech.

Dans un courrier révélé par l’AFP ce 28 novembre, le préfet regrette la décision du maire de ne pas organiser le scrutin régional des 6 et 13 décembre, en signe de protestation contre le projet d’installer 15 à 20 familles Roms dans sa commune.

Le maire de Saint-Genis dénonce « un cadre autoritariste »

Dénonçant un « déni de démocratie », Didier Cretenet (sans étiquette) avait attaqué la décision préfectorale le 20 novembre, dans un communiqué évoquant « un cadre autoritariste » : « La population n’a jamais été associée à la réflexion de cette décision (sic) et elle méconnaît comme nous les éléments du projet », indiquait notamment l’édile.

En réponse, le préfet du Rhône estime que la « perception » de l’élu l’a conduit à prendre « des initiatives qui semblent disproportionnées au regard de la réalité du projet Insertion par l’école l’emploi (I2E) ».

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Implanté sur un terrain de plusieurs hectares appartenant à l’Etat, le projet I2E, détaille le préfet, « a pour ambition d’intégrer, par la formation professionnelle des parents et la scolarisation des enfants, entre 15 et 20 familles Roms qui vivent actuellement dans des conditions indignes de notre République ».

Le préfet rappelle dans son courrier « que tout maire, en tant qu’agent de l’Etat, est tenu d’assumer » la responsabilité de l’organisation du scrutin et qu’en cas de refus, le représentant de l’Etat y procédera d’office.

Dans son communiqué du 20 novembre, la municipalité indiquait agir « en toute connaissance de cause » et prendre le risque d’une démission forcée et d’une peine d’inéligibilité d’un an. En soutien à la mairie, une centaine d’habitants de la commune auraient renvoyé leur carte d’électeur, selon Le Progrès (lien payant).