Lyon: Des peines de prison ferme pour les vigiles ayant tué un jeune homme

JUSTICE Trois des quatre agents ont été condamnés à 2 ans de prison ferme et le dernier, à 18 mois pour avoir provoqué la mort de Michaël Blaise en décembre 2009…

C.G. avec AFP

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Mickael Blaise, 25 ans, a perdu la vie, étouffé après avoir dérobé une canette dans les rayons du magasin Carrefour à la Part-Dieu. Quatre vigiles de la grande surface seront jugés à Lyon dès le 19 novembre. 
AFP PHOTO / HO
Mickael Blaise, 25 ans, a perdu la vie, étouffé après avoir dérobé une canette dans les rayons du magasin Carrefour à la Part-Dieu. Quatre vigiles de la grande surface seront jugés à Lyon dès le 19 novembre. AFP PHOTO / HO — AFP

L’avocate générale avait demandé des peines allant de six à huit années de prison ferme. Les jurés se sont finalement montrés un peu plus cléments. Jeudi, la cour d’assises du Rhône a condamné trois vigiles à quatre ans de prison ferme dont deux avec sursis et un autre, à trois ans de prison dont 18 mois avec sursis.

Tous les quatre étaient poursuivis pour avoir provoqué la mort de Michael Blaise, le 29 décembre 2009, surpris en train de voler une canette de bière dans un rayon de l’Hypermarché Carrefour à la Part-Dieu.

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Interpellé, le jeune homme de 25 ans avait emmené dans un local de sécurité, où les agents l’avaient plaqué sur une table, l’étouffant ainsi pendant plus d’une vingtaine de minutes. Tombée dans le coma, la victime était décédée le lendemain à l’hôpital, le rapport d’autopsie confirmant que la mort avait été causée par un écrasement de la cage thoracique.

« Ecrasé par 330 kilos d’indifférence et de mépris »

La scène a été enregistrée par une caméra de vidéosurveillance. Le film a été projeté, puis décortiqué à trois reprises par la cour. C’est l’élément-clé de l’accusation. Mais qu’y voit-on au juste ? Pas de passage à tabac par un quatuor de vigiles désireux de punir le jeune homme comme il a pu être dit. On voit surtout une mêlée humaine où des vigiles plaquent qui un bras, qui un dos. Comme indifférents au souffle ralenti de leur victime.

Il s’agit de « gestes inadaptés, maladroits », selon Gabriel Versini, avocat de deux accusés. Une thèse qui n’a pas convaincu l’avocate gérénale, précisant dans son réquisitoire, que le jeune homme avait été « écrasé par 330 kilos d’indifférence et de mépris ».

Lyon : Les vigiles poursuivis pour avoir tué un jeune homme, expriment leurs remords

« Un bon professionnel peut commettre une très lourde erreur pour x raison. C’est ce qu’on appelle les facteurs humains. Ce qui s’est passé est un terrible accident », a plaidé François Saint-Pierre, avocat des deux autres vigiles.

Après sept heures de délibéré, la cour ne l’a pas suivi dans cette analyse. Elle a retenu les violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner. Tout au long du procès, les quatre accusés aux parcours si hétéroclites n’ont cessé de faire part de leurs regrets et remords avec des accents de sincérité.