Attentats à Paris: Pétitions et appels à sanction après la tribune du prêtre lyonnais

POLÉMIQUE Après son texte choquant publié le 20 novembre, Hervé Benoît n’a pas encore été sanctionné par sa hiérarchie…

Elisa Frisullo

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Illustration église.
Illustration église. — G . VARELA / 20 MINUTES

Au bas de sa tribune, sous sa signature, Hervé Benoît avait ajouté le post-scriptum suivant : « Les formulaires de dénonciations à quelque autorité qu’on voudra sont à la disposition du public ». Ironie ou provocation ? Peu importe. Il avait vu juste. Car cinq jours après la publication de son texte polémique baptisé Les aigles (déplumés) de la mort aiment le diable, ce prêtre lyonnais doit fait face à une avalanche de dénonciations et de critiques.

Depuis lundi, plusieurs pétitions ont été mises en ligne pour demander aux autorités religieuses la destitution de cet homme d’église qui, dans sa tribune du 20 novembre, n’a pas hésité à assimiler les victimes de la tuerie du Bataclan aux terroristes qui les ont tuées. « Pour le Père Benoît, les victimes de Paris l’ont bien cherché : exigeons sa destitution ! », s'intitule l’une des pétitions, adressée au Pape François et à l’archevêque de Lyon Philippe Barbarin.

Une demande de suspension immédiate

Dans une lettre ouverte adressée au cardinal Barbarin et publiée sur un blog du Huffington Post, la Conférence catholique des baptisé-e-s francophones a également demandé que le prêtre soit sévèrement sanctionné. « L’attitude de ce prêtre appelle de véritables sanctions. Il serait inconcevable que demain, il puisse de nouveau prendre publiquement la parole, ni qu’il puisse, dans quelque cadre ministériel que ce soit, s’exposer à proférer des injures de ce type envers d’autres personnes », indique la Conférence, soucieuse que « le cardinal prenne un décret administratif de suspension immédiate, en attendant un jugement canonique en bonne et due forme ».

>> A lire aussi: Un prêtre met les victimes du Bataclan et les terroristes sur le même plan

Des appels à la sanction auxquels les autorités religieuses n’ont pas encore répondu. Dans un communiqué, le diocèse de Bourges, dont dépend le père Benoît, a indiqué ce mercredi que l’archevêque Armand Maillard était « en concertation avec le Cardinal Barbarin sur les suites à donner à cette affaire ».

Selon nos informations, les deux hommes se sont longuement entretenus à ce sujet par téléphone mardi mais n’ont pas encore rencontré le prêtre lyonnais, détaché de Bourges pour officier désormais au bureau des mariages de Fourvière à Lyon. « Aucune décision ne pourra être prise avant qu'ils n'aient rencontré et discuté avec le père Hervé Benoît », indique à 20 Minutes une source proche du dossier.

Les archevêques, entre consternation et empathie

Dès lundi, le cardinal Barbarin s’était dit « consterné » par cette tribune. « Quand j’ai vu ça, je me suis dit qu’il avait certainement encore plus de souffrance dans son cœur que dans le cœur des autres pour écrire une chose pareille », avait-il indiqué. Ce mercredi, l’archevêque de Bourges a également fait part de « son émotion » et de « son désaccord » avec le texte rédigé par le prêtre.

« Le ton de cette tribune ne traduit pas l’attitude d’un pasteur qui rencontre, écoute, accompagne les personnes dans la souffrance, dans une attitude de miséricorde. Le jugement qui semble mettre sur le même plan terroristes, chanteurs et spectateurs est discutable. Est-il fondé ? », a ajouté l’archevêque de Bourges.

Une interrogation sans doute un peu maladroite vu le ton et la teneur de la tribune publiée le 20 novembre par Hervé Benoît sur le site de la mouvance traditionaliste La Riposte Catholique.