OL: Les cinq raisons du fiasco lyonnais en Ligue des champions

FOOTBALL Avec un seul point récolté en cinq journées, le constat d'échec est terrible pour l'OL lors de son retour dans la plus prestigieuse compétition européenne. Joueurs et entraîneur ont livré des pistes de réflexion...

Jérémy Laugier

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Bisevac, Yanga-Mbiwa, Bedimo et Rafael sont tous sonnés après la désillusion européenne que vient de subir l'OL mardi.
Bisevac, Yanga-Mbiwa, Bedimo et Rafael sont tous sonnés après la désillusion européenne que vient de subir l'OL mardi. — Laurent Cipriani/AP/SIPA

Le stade de Gerland, qui a tant vibré lors d’épopées européennes, contre le Real Madrid, le Bayern ou encore le Barça, méritait à coup sûr une dernière sortie plus douce ce mardi. Mais il semblait écrit, dans une campagne de Ligue des champions sombre de bout en bout, que l’OL s’inclinerait dans son stade, au bout du temps additionnel (1-2), face à un champion de Belgique (La Gantoise) forcément sous-estimé par joueurs et observateurs.

Voici les pistes, délivrées dès mardi soir par certains joueurs et Hubert Fournier, pouvant expliquer une partie du fiasco européen de l’OL, symbolisé sur le plan comptable par cet unique point récolté en cinq journées de C1.

1. L'OL a régalé la saison passée, mais seulement en Ligue 1

Alexandre Lacazette, parfois seul au monde à la pointe de l’attaque lyonnaise face à La Gantoise, a vite effectué le constat qui s’imposait mardi : « Personne n’a triché. Tout le monde a donné tout ce qu’il pouvait mais on n’était pas prêts pour une telle adversité. Je ne sais pas si beaucoup d’équipes françaises auraient pu montrer un meilleur visage ».

Hormis le PSG, mais aussi tout de même Monaco la saison passée, les parcours européens des clubs français sont en effet anecdotiques depuis trop longtemps. Des révélations de l’OL 2014-2015 en L1, à commencer par Corentin Tolisso, ont traversé la compétition comme des fantômes. Trop haut, trop tôt ? C’est fort possible.

2. Privé de Fekir, Fournier s’en est remis à Kalulu puis à Ghezzal

Après la première défaite (0-1) dans la compétition face à Valence, Claudio Beauvue est revenu sur les conséquences de la grave blessure de Nabil Fekir : « Même si je l’ai connu peu de temps, j’ai pu me rendre compte que Nabil Fekir faisait vraiment briller toute l’équipe. Il tenait le petit plus qui pouvait changer le cours d’une rencontre. En perdant un joueur d’un talent rare comme ça, ce n’est pas facile ».

A court d’idées sans son joyau, Hubert Fournier a même tenté de s’en remettre offensivement à Aldo Kalulu, titularisé contre Valence à 19 ans et après cinq apparitions avec les pros puis à Rachid Ghezzal ce mardi, lancé dans le onze de départ lyonnais pour la première fois depuis mars dernier. Le pire, c’est que ces deux troisièmes couteaux au vu du mercato estival (huit recrues) ont quasiment été les joueurs les plus tranchants sur ces rencontres au sommet.

3. Le coup de l’enflammade au tirage au sort

Il y a eu le fameux « jackpot » des Bleus pour la Coupe du monde 2010 en Afrique du Sud. L’OL a subi la même mésaventure le 27 août en se réjouissant, pourtant à juste titre, d’un tirage au sort très favorable aux côtés du Zénith Saint-Pétersbourg, de Valence et de La Gantoise.

« Peut-être que tout le monde s’est un peu enflammé dans l’équipe en pensant que ce serait facile de passer dans ce groupe. Comme on a pu le voir, il faut respecter tous les adversaires en Ligue des champions », confie, bien penaud, Mapou Yanga-Mbiwa après la quatrième défaite consécutive en C1 contre La Gantoise.

4. Un groupe incapable de se sublimer dans la compétition de ses rêves

Hubert Fournier avait un message particulier à faire passer après le cuisant échec mardi soir. « Ce sur quoi on peut être le plus déçu, c’est de ne pas être parvenu à se sublimer sur ces matchs-là alors que nous nous sommes battus pour être en Ligue des champions. Il n’y a pas eu un match au cours duquel nous avons eu ce supplément d’âme. Nous avions à cœur de mieux faire et de montrer une autre image. Mais le constat est assez flagrant et il parle de lui-même », a regretté l’entraîneur lyonnais, vivement critiqué par de nombreux supporters suite à ce parcours européen indigne de l’histoire de l’OL.

5. L’OL s’improvise équipe de contres, en vain

Crucifiés en contres cette saison, notamment face à Valence et lors des deux matchs contre le Zénith, les partenaires d’Alexandre Lacazette ont tenté d’inverser les rôles ce mardi en recevant La Gantoise. Après un début de rencontre emballant récompensé par le but de Jordan Ferri (7e), l’OL a étrangement reculé et laissé le ballon aux Belges, qui finissent la partie avec 52 % de possession de balle à Gerland.

« On n’avait plus la mainmise sur le jeu et on était obligé de puiser dans nos réserves pour récupérer le ballon puis procéder par contres, analyse Henri Bedimo. La maîtrise du jeu faisait notre force la saison passée et ce n’est plus le cas. Les contres ne sont pas trop dans notre ADN et on a eu trop de déchets dans ce secteur. » Entre le manque de vitesse et de spontanéité de ses joueurs offensifs dans les zones décisives, l’OL doit clairement miser sur une autre stratégie pour rebondir en championnat.