Attentats à Paris : A Lyon, un dernier adieu à «Caro», «frappée froidement par l'horreur»

HOMMAGE Les obsèques de la jeune femme se sont déroulées lundi après-midi...

Caroline Girardon

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Lyon, le 23 novembre 2015, devant la basilique d'Ainay où se sont déroulées les obsèques de Caroline Prénat, 24 ans, tuée au Bataclan, lors des attentats de Paris. AFP PHOTO / JEFF PACHOUD
Lyon, le 23 novembre 2015, devant la basilique d'Ainay où se sont déroulées les obsèques de Caroline Prénat, 24 ans, tuée au Bataclan, lors des attentats de Paris. AFP PHOTO / JEFF PACHOUD — AFP

Dans un geste protecteur, elle tend son manteau afin de cacher les larmes de ses enfants, scrutés par les caméras de télévision. La scène se déroule devant la basilique d’Ainay dans le 2ème arrondissement de Lyon. Cette digne femme est la maman de Caroline, 24 ans, tuée le 13 novembre au Bataclan lors des attentats de Paris. Alors que le cercueil pénètre dans l’église, la famille soudée fait face.

A l’intérieur de l’édifice, un portrait installé devant l’autel entouré de lys blancs, montre l’étudiante au sourire éclatant. « Tu étais belle, tu étais pleine d’humanité et de sensibilité », raconte, d’une voix étranglée par les sanglots, Florence, sa mère. « Tu avais un sens profond de l’amitié, des relations humaines. Tu aimais la vie. Tu étais la vie, la joie, l’humour », poursuit-elle en pleurant.

« L’innocence croise la monstruosité »

« Tu es partie heureuse en faisant ce que tu aimais le mieux : le partage de la fête. Ma minette, nous savons que tu es bien là où tu es, près de la Vierge Marie ». A ses côtés, son parrain Olivier Ginon, PDG du groupe GL events, évoque une jeune fille à la « sensibilité immense », « un œil doux, enthousiaste (qui) s’émerveillait de la beauté du monde ».

« Il y a des jours qui tournent au drame, comme le vendredi 13 novembre où se trouvent sur son chemin l’abject, l’indicible, le néant », poursuit-il devant une église pleine. « L’innocence croise la monstruosité, la terreur percute la douceur. Quelle option a-t-elle eu face à une telle atrocité ? Aucune si ce n’est la mort au bout du chemin. L’horreur a frappé Caroline violemment, froidement, méthodiquement, cruellement comme tant d’autres autour d’elle ».

« Important d’être tous unis »

Peu de temps après, Yoann et Hélène, sa meilleure amie, s’esquivent discrètement de la basilique pour suivre la cérémonie dehors. La jeune fille, proche de la sœur de la victime, est en pleurs. « C’est trop dur. Je n’arrive pas à contrôler mon émotion. J’ai aussi perdu une amie de la fac qui était au Bataclan », raconte-t-elle.

« Nous ne connaissions pas Caroline mais nous avons tenu à être là pour soutenir sa famille mais aussi prier pour elle et rester debout. C’est important d’être tous unis dans des moments pareils », complète Yoann.

« La prière de Lyon était là. Il y avait une lumière et une paix intérieures magnifiques. C’est effroyable ce qui s’est passé », a réagi le cardinal Philippe Barbarin qui présidait les obsèques.