Trail nocturne: La SaintéLyon les fait tous rêver

COURSE A PIED « 20 Minutes » présente quatre concurrents rhônalpins aux parcours étonnants et inscrits sur l’épreuve reine de 72 km, qui démarrera de Saint-Etienne à minuit, dans la nuit de samedi à dimanche…

Jérémy Laugier

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15.000 concurrents vont s'élancer sur la SaintéLyon dans la nuit du 5 au 6 décembre.
15.000 concurrents vont s'élancer sur la SaintéLyon dans la nuit du 5 au 6 décembre. — Gilles Reboisson

Près de 15.000 coureurs prendront le départ de la SaintéLyon dans la nuit du samedi 5 au dimanche 6 décembre. Parmi ceux choisissant la formule de 72 km séparant Saint-Etienne de Lyon, Denis, Julien, Camille et Najib livrent leur histoire à 20 Minutes, cinq jours avant leur colossal défi sportif.

Denis Lupin, une affaire de famille

Avant 2011, Denis Lupin n’a jamais couru plus de 10 km et son fils Dimitri joue seulement au rugby. Par « défi personnel », ce Lyonnais de 51 ans a enchaîné semi-marathons, la Saintexpress (45 km), le marathon de Lyon puis la SaintéLyon en 2013. Il a attendu la 61e édition l’an passé pour partager ce raid nocturne avec son fils, alors âgé de 20 ans.

« On partait dans l’inconnu car on ne s’était jamais entraîné ensemble avant. Mais personne n’a jamais eu à attendre l’autre pendant 72 km », se souvient Denis, qui va remettre ça aux côtés de Dimitri le 5 décembre. « Ce n’est pas un rêve mais presque de finir une aventure aussi forte avec son fils. Sur la ligne d’arrivée, nous étions extrêmement émus tous les deux », raconte Denis Lupin.

Denis Lupin, ici à l’arrivée de l’édition 2014, avec son fils Dimitri et sa fille Betty. - DR

Julien Barrière, un cadeau post-cancer

Il devrait s’agir de la troisième SaintéLyon consécutive de Julien Barrière, le 5 décembre. Sauf que ce Villeurbannais de 41 ans s’est vu diagnostiquer un cancer du testicule en septembre 2014. « Ça m’a mis une claque, d’autant que nous étions en pleine préparation avec mes amis. Lorsqu’ils m’ont envoyé une photo de leur départ à Saint-Etienne, j’étais en pleine chimio et j’ai fondu comme une madeleine », confie ce chef d’entreprise.

Sorti de son traitement au Centre Léon-Bérard peu après, il se fait symboliquement offrir par son ami d’enfance Régis son inscription pour l’édition 2015. « Quand j’ai repris la course en février, je n’ai pu faire que 2 km, et en m’arrêtant trois fois », sourit Julien, qui s’attend à avoir « un petit pincement » pour sa première course post-cancer.

Julien Barrière prépare la SaintéLyon en courant notamment de nuit au Parc de la Tête d’Or. - DR

Camille Neumann ne court pas seule

Camille Neumann a pris l’habitude de participer à deux trails par mois depuis 2013. Avant cela, la jeune femme de 22 ans vivant à Fontaines-sur-Saône (au nord de Lyon) passait surtout son temps sur les courts de tennis. « J’ai ressenti une certaine lassitude après plus de dix années de pratique. Comme j’ai un tempérament sportif et que j’aime bien les défis, je me suis prise au jeu des trails », évoque-t-elle.

Si elle a terminé cet été le trail des Passerelles du Monteynard (55 km et plus de 3.000 m de dénivelé en Isère), Camille est impatiente de découvrir la SaintéLyon samedi : « Ça fait partie des courses mythiques. Je suis curieuse de voir le côté apaisant qui accompagne un trail de nuit, ainsi que toutes ces lumières qui font partie du charme de la SaintéLyon ».

La Rhodanienne, qui finit ses études d’enseignante en activités physiques adaptées, profite de ses courses pour présenter à tout le monde l’association « Vaincre la mucoviscidose ». « C’est un combat que je menais avant de courir et cela me permet d’avoir une source de motivation supplémentaire », constate Camille Neumann.

Camille Neumann, ici lors de la Yéti Race à La Plagne en décembre 2014. - DR

Najib Tahtah, un défi de poids

En 2013, Najib Tahtah (1,75 m) pesait 122 kg. Le 5 décembre, celui-ci va participer à sa première SaintéLyon après avoir perdu pas moins de 40 kg. « À l’époque, j’étais essoufflé en seulement cinq minutes de course. J’ai eu un déclic en assistant à l’Ultra-Trail du Mont-Blanc », explique le Haut-Savoyard (Sallanches) de 29 ans, qui n’a encore jamais fini une course de plus de 22 km.

« On se prend au jeu et on devient vite accro à ce type de défis. Mon rêve ultime serait de finir l’UTMB, là où tout a commencé pour moi », conclut Najib Tahtah, qui va déjà s’attaquer à un sérieux challenge le week-end prochain, entre Saint-Etienne et Lyon.

Najib Tahtah s’attend à avoir « des larmes de bonheur » s’il parvient à franchir la ligne d’arrivée de la Sainté-Lyon dimanche. - Monaco-athletisme.com