Lyon : L'annulation de le Fête des lumières « va faire mal à l'économie lyonnaise »

ECONOMIE Certains établissements hôteliers déplorent déjà l’annulation de la moitié des réservations pour début décembre…

Caroline Girardon

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Lyon, le 22 novembre 2015
Quatre jours après l'annulation de la Fête des Lumières, les hôteliers lyonnais font grise mine. Certains enregistraient déjà 50% d'annulation de réservations.
Lyon, le 22 novembre 2015 Quatre jours après l'annulation de la Fête des Lumières, les hôteliers lyonnais font grise mine. Certains enregistraient déjà 50% d'annulation de réservations. —

« Cela va faire mal à l’économie lyonnaise ! » Quatre jours après l’annonce de l’annulation de la Fête des lumières, les hôteliers lyonnais font grise mine.  Ce qu’ils redoutaient est arrivé : les réservations, enregistrées parfois un an à l’avance, se sont annulées en cascade.

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« La moitié des clients qui avaient réservé ont renoncé ce week-end », explique un salarié d’un grand hôtel de la presqu’île lyonnaise. L’établissement qui compte 53 chambres, affichait pourtant complet depuis des mois.

Les touristes étrangers annulent

« Ce sont majoritairement des touristes étrangers venant par des tour-opérateurs qui ont annulé. On espère néanmoins que la clientèle de proximité, celle qui vient de Suisse ou d’une autre ville de France maintiendra sa demande », ajoute-t-il.

Même son de cloche dans cet établissement d’une rue voisine affichant deux étoiles. « Nous avons enregistré six annulations pour 30 chambres sachant qu’il y avait encore quelques disponibilités. On s’attend à d’autres désistements en début de semaine », annonce Alexandre, à la réception.

Le prix des nuits tarifs multiplié par deux

« C’est un vrai coup dur car on mise beaucoup sur la Fête des lumières. En quatre jours, on peut faire un chiffre d’affaires équivalent à deux ou trois mois », explique le jeune homme. « On profite généralement de cette période pour augmenter nos tarifs… jusqu’à 200 %. Oui, on double les prix », confesse-t-il.

« Nous étions déjà complets depuis un an, relate un employé d’un petit hôtel proche du Vieux-Lyon. Plus de 40 % des clients ont annulé ces trois derniers jours. Comme ils ont déjà versé des arrhes, nous leur avons proposé de basculer leur séjour sur décembre 2016 ». Là aussi, le manque à gagner s’annonce important car le prix des chambres fixé à 89 euros la nuit, grimpe à 145 euros.

« Changer de stratégie »

« Pour éviter que la clientèle ne fuie massivement, il faut changer de stratégie, proposer par exemple des tarifs ordinaires ou leur offrir les petits-déjeuners », conseille Laurent Duc, le président de l’UMIH, l’union des métiers de l’industrie hôtelière. « A titre personnel, je risque de perdre 15.000 euros sur ce week-end, soit 15 % de mon résultat net annuel. On ne peut pas dire qu’on va se rattraper car nous sommes à trois semaines de la fin de l’année », glisse-t-il.

« L’hôtellerie n’est pas la seule concernée. Pour les restaurants, la situation s’annonce très difficile. Sur quatre jours, ils réalisent généralement un demi-mois de chiffre d’affaires supplémentaire », précise Laurent Duc. « Ce sont trois services chaque soir », complète un restaurateur des Cordeliers.

Timide reprise économique ces derniers mois

« Ces annulations sont de toute façon inévitables. Maintenant, on doit se retrousser les manches, exhorte Emmanuel Imberton, président de la Chambre de commerce et d’industrie de Lyon. Même si la fin d’année s’annonce difficile, ces attentats ne doivent pas remettre en cause la timide reprise observée, ni les embauches ou les investissements. »