Lyon: Les vigiles poursuivis pour avoir tué un jeune homme, expriment leurs remords

JUSTICE Les accusés sont apparus dévastés et dévorés par les remords lors du premier jour d'audience...

C.G. avec AFP

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A photo taken on December 30, 2009 shows a Carrefour supermarket in Lyon, eastern France, where a 25-year old man died by suffocation on December 29 while he was detained by 4 vigils. The four vigils of the supermarket will go on trial at Lyon courthouse on November 19, 2015. AFP PHOTOAFP PHOTO / JEAN-PIERRE CLATOT
A photo taken on December 30, 2009 shows a Carrefour supermarket in Lyon, eastern France, where a 25-year old man died by suffocation on December 29 while he was detained by 4 vigils. The four vigils of the supermarket will go on trial at Lyon courthouse on November 19, 2015. AFP PHOTOAFP PHOTO / JEAN-PIERRE CLATOT — AFP

« Les choses n’auraient pas dû se passer comme ça » car « une bouteille, c’est trois fois rien ». Jugés depuis jeudi devant les assises du Rhône pour la mort d’un jeune homme, les quatre vigiles ont fait part de leurs incompréhensions. Ils ont également exprimé leurs remords à la famille de la victime.

Michael Blaise avait 25 ans lorsqu’il est décédé. Interpellé pour avoir volé une canette de bière, il a été maîtrisé et plaqué par quatre vigiles dans un local de sécurité de l’hypermarché Carrefour, au centre commercial de la Part-Dieu à Lyon, le 28 décembre 2009.

>> Lire aussi : Quatre vigiles jugés après la mort d’un jeune homme ayant volé une boisson

Près de six ans après les faits, Jean-Pierre Lops, l’un des quatre hommes jugés devant les assises du Rhône pour des violences volontaires commises en réunion ayant entraîné la mort sans intention de la donner, ne comprend toujours pas pourquoi cela est arrivé.

« Ce jour-là, rien ne préparait à ce que ça se passe de la sorte. Je suis consterné, je vis avec ça depuis cinq ans, je n’ai pas encore toutes les réponses à ce qui s’est passé », a-t-il déclaré à la cour, la voix étranglée par l’émotion.

Mort par asphyxie

Michael Blaise qui vient d’être interpellé à la sortie d’une caisse après avoir volé une bouteille d’alcool, est emmené dans cette petite pièce de 2,35 mètres de long sur 1,8 de large. D’abord calme, il reçoit une gifle, puis se débat avant d’être plaqué sur un meuble. Sous la pression de trois puis quatre hommes, il hurle, crie, râle, bientôt suffoque puis cesse de respirer. Il mourra le lendemain à l’hôpital.

L’autopsie conclura à une asphyxie mécanique par compression et obstruction. D’importantes traces d’hématomes ont été retrouvées sur un bras et au niveau de la tête de la victime. « Je ne m’explique pas comment je n’ai pas pu entendre la détresse de ce monsieur », relève Jean-Pierre Lops.

« Une bouteille ? C’est trois fois rien »

Comme les autres coaccusés, il paraît dévasté par l’enchaînement des événements, peine à trouver les mots justes à l’adresse de la famille de la victime. Celle-ci stoïque sur les bancs de la cour d’assises, écoute dans la dignité mais les yeux rougis, les « excuses » des uns et des autres. « Une bouteille ? C’est trois fois rien (…) on est conscient de cela. »

« Je m’en veux, j’ai de la peine, sachant qu’ils ont perdu leur fils », murmure le colosse, Hervé Sylvanise. Dans le box, s’ils confessent tous le même désarroi et les mêmes remords, chaque accusé paraît esseulé, étranger aux autres.

Le verdict est attendu en fin de semaine prochaine. Ils encourent 20 ans de réclusion.