EN IMAGES. Attaques terroristes à Paris: Les Lyonnais observent une minute de silence main dans la main

HOMMAGE Près d’un millier de personnes se sont rassemblées lundi devant l’hôtel de ville déposer de nombreuses bougies…

Caroline Girardon

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People hold hands as they observe a minute of silence in Lyon, central, Monday, Nov. 16, 2015, three days after the Paris attacks. A minute of silence was observed throughout the country in memory of the victims of the country's deadliest violence since World War II. (AP Photo/Laurent Cipriani)/CIP104/151523097870/1511161407 Lancer le diaporama
People hold hands as they observe a minute of silence in Lyon, central, Monday, Nov. 16, 2015, three days after the Paris attacks. A minute of silence was observed throughout the country in memory of the victims of the country's deadliest violence since World War II. (AP Photo/Laurent Cipriani)/CIP104/151523097870/1511161407 — Laurent Cipriani/AP/SIPA

Discrètement, elle sèche ses yeux rougis du coin de la main. Avant de fondre en larmes quelques secondes plus tard. Elise, 26 ans, qui travaille dans l’audiovisuel, est venue lundi midi observer une minute de silence devant le parvis de l’hôtel de ville de Lyon.

« C’est ma génération qui est touchée, explique la jeune femme d’une voix brisée par les sanglots. Après les attentats de Charlie Hebdo, on savait qu’il y avait un risque que ce genre de drame arrive. Maintenant, c’est certain, on ne peut plus être insouciant. »

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Pendant ce temps, les gens se prennent spontanément les mains, restant figés un long moment. « J’ai plein d’amis qui habitent Paris. Les fusillades ont eu lieu dans les rues où l’on sort habituellement. Je ne connais pas personnellement les victimes et les blessés mais ce sont des amis de mes proches », poursuit Elise.

« Ils ont voulu mettre à genoux notre génération »

A côté, Margaux et Chloé, âgées respectivement de 25 et 21 ans, allument une bougie qu’elles déposent ensuite sur les marches du parvis. « J’ai l’impression qu’ils ont voulu mettre à genoux notre génération. Je pense beaucoup aux victimes, à leurs proches », glisse la première qui a du mal à retenir ses larmes. « J’en suis bouche bée. Les mots me manquent encore pour exprimer ce que je ressens », complète la seconde.

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Assistant à une réunion près de la place des Terreaux, Maude, 28 ans, a profité de sa pause déjeuner pour venir se recueillir quelques instants. « Même si on n’habite pas Paris, il est important de se trouver unis et de montrer notre solidarité envers les familles de victimes », explique-t-elle. Avant d’ajouter : « On s’identifie facilement aux victimes car on avait le même âge. Ce sont elles mais ça pourrait être moi. Jusque-là, nous avons connu la guerre qu’au travers des récits de nos grands-parents. Aujourd’hui c’est nous qui sommes visés par ces actes-là. Il va falloir grandir avec. »

Quelques mètres plus loin, Pauline, 18 ans est inconsolable. « Cela me choque de voir que notre pays change à ce point. Toutes ces personnes mortes étaient innocentes », pleure l’étudiante. Sensible à sa détresse, un homme s’avance pour lui tapoter l’épaule avant qu’une voisine, inconnue ne la prenne longuement dans ses bras.

« On peut dire beaucoup de choses avec le silence »

Les mains croisées, le visage fermé, Laurent fixe les bougies allumées. Lui, connaît l’une des victimes : Matthieu Giroud. Tous deux sont du même village, Jarrie, en Isère.

« Nous avons fait notre scolarité ensemble jusqu’au lycée. Sa mère a été ma prof de biologie. On se connaissait bien. Je m’identifie d’autant plus à lui. Ce qui s’est passé résonne en moi, raconte-t-il ému. Le fait de tous se prendre les mains m’a fait du bien. Cela m’a donné de l’énergie. On voit qu’avec le silence, on peut parfois dire beaucoup de choses. »