OL: La réussite d'Alexandre Lacazette et Samuel Umtiti vient aussi de leur grand frère

FOOTBALL A 30 ans, Benoît Lacazette et Yannick Um suivent de très près la carrière de leur frère depuis le centre de formation. « 20 Minutes » a organisé un entretien croisé entre les deux proches conseillers…

Propos recueillis par Jérémy Laugier

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Yannick Um et Benoît Lacazette dédient une grande partie de leur vie professionnelle à la carrière de leur frère
Yannick Um et Benoît Lacazette dédient une grande partie de leur vie professionnelle à la carrière de leur frère — J.Laugier / 20 Minutes

Le défenseur lyonnais Samuel Umtiti confie avoir « une confiance absolue » en son grand frère Yannick Um. Si bien qu’à 30 ans, ce dernier est officiellement devenu son agent en avril. 20 Minutes a organisé un entretien croisé de deux heures entre lui et Benoît Lacazette, grand frère et proche conseiller de l’attaquant vedette de l’OL.

Comment se retrouve-t-on à s’occuper de très près des intérêts de son footballeur professionnel de frère ?

Benoît Lacazette : Nous sommes une fratrie de quatre garçons et Alexandre est le dernier. Quand il a eu 17 ans, j’avais deux possibilités : continuer à mener ma petite carrière de joueur en D2 suisse ou rentrer à Lyon pour encadrer Alexandre, qui était au centre de formation de l’OL.

Yannick Um (il ne porte pas le nom complet du grand-père Umtiti car il est né en France, au contraire de Samuel, né au Cameroun Ndlr) : Quand l’OL a toqué à notre porte pour proposer une détection à Samuel [alors âgé de 8 ans et joueur à Lyon Ménival], mon accompagnement s’est fait naturellement. Lorsque nous avons quitté le Cameroun en 1996, mon grand-père m’a demandé de veiller sur mon petit frère et mes petites sœurs. Cette phrase a résonné dans ma tête et avant de voir Sam comme un footballeur talentueux qui gagne bien sa vie, c’est un petit frère que je veux protéger.

Avez-vous vite compris que votre frère était promis à un avenir professionnel ?

Y.U. : Oui, le foot devait être un amusement au départ mais je ne me leurrais pas. J’essayais de me projeter sur quelques années afin de jauger ce Sam avait dans la tête. On déterminait des temps de passage avec des petits objectifs tous les six mois. Très tôt, il dégageait quelque chose et avait toujours de l’avance, en étant capitaine et surclassé.

B.L. : Avec mes frères et mon père, on essayait d’assister à tous ses matchs pour toujours avoir quelque chose à améliorer, sur son jeu mais aussi sur son comportement. C’était important de donner des barèmes. Mon père, très critique, n’insistait que sur ce qu’il devait améliorer.

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Pourquoi avez-vous tenu à ce que votre frère s’entoure à un moment d’un agent ?

Y.U. : Sam avait peur de louper le wagon et je ne voulais pas que ça puisse être à cause de moi. Ses potes signaient ici et là et on s’est entouré d’une compétence avec un agent reconnu. Si ça marchait, tant mieux, et en cas d’échec, ce n’était pas de ma faute.

B.L. : Bien gérer le début de carrière d’Alex, après les U17, nous semblait le plus important. Il fallait éviter de faire rentrer les sentiments, ce qui est difficile en tant que frère. On s’est donc positionné sur quelqu’un de l’extérieur avec David Venditelli, qui nous a ôté de la pression, à mon grand frère et moi. Sinon, il y aurait eu un mélange de statut et les repas de famille auraient pu être très compliqués.

Pourquoi avez-vous voulu vous rapprocher de la carrière de votre frère ces derniers mois ?

B.L. : Cet été, c’était un peu chaud et la parole de la famille devait être entendue par mon biais, notamment car je le suis depuis ses premiers pas. Pour la première fois, j’ai assisté à la signature d’un contrat d’Alex.

Y.U. : Pour être crédible au niveau de tous les acteurs du foot et aussi auprès de Samuel, il me fallait la licence d’agent. Avant de l’obtenir en avril, des agents appelaient le joueur pour lui souligner que son frère allait causer sa perte. J’étais infirmier mais il a fallu faire un choix. En étant à fond « focus » sur Sam, tout est d’un coup apparu plus clair.

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Est-ce vraiment un job à plein-temps d’accompagner la carrière de votre frère ?

Y.U : Oui, avec le niveau d’un Umtiti ou d’un Lacazette, tu te rends compte qu’il n’y a pas que le sportif. Il faut gérer le financier, le patrimoine et l’image, surtout pour un défenseur qui a moins de visibilité qu’un attaquant. Tu sais que ton joueur a de hauts revenus et il va falloir les placer.

B.L. : Ça demande énormément de temps et d’énergie d’entourer un joueur. Un de mes frères s’occupe de la comptabilité, un autre de l’immobilier, je suis sur le sportif et on fait un petit panachage de tout ça. Notre famille est une véritable société (rires) !

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Débriefez-vous souvent les matchs avec lui ?

B.L. : Oui, on se fait des débats de 15 minutes car je vois parfois des choses qu’il n’a pas perçues. La saison passée, je lui avais demandé une fois pourquoi il n’utilisait pas plus son pied gauche. Dès le match suivant, bim, il a marqué après un crochet et une frappe du gauche.

Y.U. : On décortique aussi les matchs à chaud. J’insiste surtout sur les attitudes de Sam car en tant que défenseur, il faut qu’il impressionne et qu’il fasse peur à ses adversaires.

Parlez-vous aussi déjà d’une reconversion ?

B.L. : Quand j’en parle à Alex, il me dit que le top pour lui, ça serait de devenir entraîneur des attaquants. Mais il adore les voyages donc il pourrait peut-être trouver un truc peinard ailleurs.

Y.U. : Sam, c’est sûr qu’il va être entraîneur. Il observe déjà tout…