Grenoble: L'affiche d'une soirée étudiante jugée «sexiste» fait jaser sur les campus

UNIVERSITÉ L’Unef Grenoble dénonce les stéréotypes véhiculés par ce type de flyer…

Elisa Frisullo

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Le 13 mai 2015, sur l'un des campus de Grenoble. Lancer le diaporama
Le 13 mai 2015, sur l'un des campus de Grenoble. — X.Sila / Sipa

Avaient-ils l’intention de porter préjudice à l’image de la femme ou manient-ils simplement la plume avec la finesse d’un éléphant ? Depuis quelques jours, une affiche publiée sur les campus de Grenoble et de Valence a retenu l’attention des étudiants. Des membres de l’Unef Grenoble tout du moins, qui, dans un communiqué, ont dénoncé l’image « sexiste » véhiculée par l’Association valentinoise des étudiants (AVE) sur le flyer de « la Nuit des facs » prévue ce jeudi soir.

 

L’affiche de l’association valentinoise des étudiants est contestée par l’Unef qui la juge sexiste

Une affiche contestée à trois semaines des élections étudiantes

Sur l’affiche en question, les organisateurs de l’événement ont publié l’image de la princesse Peach, héroïne manga sexy, accompagné du titre « Pas mes fesses… je suis une princesse ! ». Un slogan pas très fin -ni très drôle- qui, à quelques semaines des élections étudiantes à Grenoble, avait peu de chance de passer inaperçu. « Nous ne voulons pas accabler l’AVE mais interpeller les responsables des universités. Ce type d’affiche n’a pas sa place dans les facs », indique Ludovic, le président de l’Unef Grenoble.

« L’AVE a pris pour habitude de vendre ses soirées en faisant du corps des femmes l’objet de convoitises tant espéré, la source d’amusement principal de tout événement », ajoute dans son communiqué le syndicat étudiant. En 2013, en effet, pour promouvoir l’une de ses soirées, l’AVE avait publié une affiche mettant en scène une femme en tenue ultra-sexy accompagné du titre « La Bitch ne fait pas le moine, l’heure est venue de se (con) fesser ».

De précédentes affiches de mauvais goût

« Ils ne font sans doute pas ce genre d’affiche de manière consciente mais c’est la répétition de ces stéréotypes qui nous fait réagir », ajoute le président de l’Unef qui a demandé à Université Alpes Grenoble et à l’Agence de développement universitaire Drôme-Ardèche (Aduda) d’intervenir pour empêcher la diffusion de l’affiche dans les locaux des universités. En octobre 2014 déjà, le syndicat étudiant était monté au créneau à Toulouse, aux côtés de l’association Osez le féminisme pour dénoncer les stéréotypes employés pour annoncer une soirée d’intégration.

Contactée par 20 minutes, l’Association valentinoise des étudiants, qui compte 5500 membres et est, comme l’Unef, candidate aux élections étudiantes du 3 décembre, n’a souhaité « faire aucun commentaire ». Le directeur de l’Aduda, également sollicité, a indiqué ne pas vouloir s’exprimer sur ce sujet, « en pleine période électorale au sein de l’université ».