Lyon: Le plan froid en quatre questions

SOCIAL Le dispositif, qui a pris effet au début du mois, a été présenté lundi...

Caroline Girardon

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Le 06 novembre 2013. Daniel, 38 ans, SDF a Paris dans le quartier d'Haussmann.  Photo / V. Wartner / 20 Minutes
Le 06 novembre 2013. Daniel, 38 ans, SDF a Paris dans le quartier d'Haussmann. Photo / V. Wartner / 20 Minutes — VINCENT WARTNER / 20 Minutes

Malgré la douceur actuelle, le plan froid est actif dans le Rhône depuis le 1er novembre. L’occasion de présenter le dispositif mis en place cette année.

? Combien de places disponibles ?

1.200 places seront activées pendant toute la durée de l’hiver, contre 955 en 2014 et 840 en 2013. « Il n’y a jamais eu autant de places en renfort », estime Michel Delpuech, le préfet du Rhône précisant qu’elles viennent s’ajouter aux 3.644 ouvertes à l’année. « Nous recensions 2.544 places pérennes en 2012. Ce qui représente une augmentation de 42 % », ajoute-t-il.

En cas de situations extrêmes (périodes de grands froids), l’Etat envisage également de réquisitionner des gymnases.

2) Comment se répartissent les places ?

Deux structures d’hébergement collectif seront ouvertes dans des anciens bâtiments, pouvant accueillir chacune une centaine de personnes. Il s’agit du fort Saint-Laurent, ancien site militaire utilisé pendant le plan froid pour la première fois. Situé à la Croix-Rousse, en dessous de l’esplanade du Gros Caillou, il sera géré par le Foyer Notre-Dame des sans-abri. L’autre est une ancienne caserne de pompiers à Villeurbanne.

340 places seront également ouvertes dans des appartements, destinées à recevoir des familles et louées par des associations. Et 560 places dans des hôtels. « Contrairement à ce que beaucoup pensent c’est la solution qui nous coûte le moins cher », indique Michel Delpuech. Ces places seront prioritairement destinées aux hommes seuls et aux femmes isolées qui seront « accompagnées et suivies par une équipe sociale », selon le préfet.

Enfin, 50 lits seront installés dans deux haltes de nuit. « Ils sont réservés aux personnes qui ne veulent pas intégrer des foyers ou des appartements mais qui veulent passer la nuit au chaud. Ils sont destinés majoritairement aux fracassés de la vie, c’est-à-dire aux personnes en grande errance qui dorment habituellement dans les encoignures de portes ou sous les porches d’immeuble », indique Gilles May-Carles, directeur départemental de la cohésion sociale.

3) Qui sont les bénéficiaires ?

La Préfecture a scruté les chiffres de l’an dernier. « 30 % des gens accueillis durant le plan froid vivaient dans la rue. Ce sont ceux que certains appellent les clochards », indique Gilles May-Carles, directeur départemental de la cohésion sociale. Un autre tiers habitait des logements de fortune dans des bidonvilles tandis que 20 % étaient des personnes hébergées par des tiers.

« Enfin 12 % correspondent à des personnes logeant dans des CADA, récemment déboutés du droit d’asile », poursuit-il. Avant d’ajouter : « On a observé une demande très forte de familles et d’hommes isolés qui peuvent parfois être difficilement pris en charge par les structures, tellement ils sont désocialisés ».

4) Est-ce suffisant ?

La préfecture le reconnaît : si le nombre de places d’hébergement augment chaque année, le nombre de demandes aussi. « Il a beaucoup progressé », acquiesce Gilles May-Carles. Les quinze derniers jours du mois d’octobre, 2.080 personnes ont appelé le 115 sans qu’on puisse leur trouver un abri.

« Parmi ces personnes sans solution, il y a des gens mal logés qui vivent chez des proches ou dans les squats, nuance Michel Delpuech. On recense actuellement dans l’agglomération 200 personnes qui n’ont pas du tout d’hébergement, dont 90 % d’hommes isolés ». Et de conclure : « Notre doctrine est de dire que chacun doit pouvoir être mis à l’abri. »