Procès d’Échirolles: Les accusés, qui ont demandé le huis clos, friment sur Facebook

FAITS DIVERS Trois d'entre eux ont posté, avant les procès, des photos et statuts où ils revendiquent leur violence...

Caroline Girardon

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Grenoble, le 2 novembre 2015, jour d'ouverture du procès d'Echirolles.AFP PHOTO / JEFF PACHOUD
Grenoble, le 2 novembre 2015, jour d'ouverture du procès d'Echirolles.AFP PHOTO / JEFF PACHOUD — AFP

« Il ne peut pas parler en présence de tout le monde car la pression est trop forte ». Voilà ce que confiait Maître Joëlle Vernay lundi dans les couloirs de la cour d’assises de Grenoble au sujet de Denis C. l’un des douze accusés du meurtre de Kevin et Sofiane, mineur à l’époque des faits. « Il est resté prostré pendant trois ans. Il ne connaît que la prison depuis, je n’arrivais même pas à lui parler du dossier », insistait l’avocate.

>> Lire aussi : Les avocats de la défense vont-ils plaider l’erreur judiciaire ?

Des photos postées sur Facebook laissent douter de la timidité de ce jeune homme traumatisé. Désormais majeur, l’accusé à la queue-de-cheval, qui a réclamé lundi que les débats se déroulent à huis clos, a visiblement eu moins de scrupules à s’exhiber sur les réseaux sociaux, comme le révèle Le Point.

Durant les mois qui ont précédé le procès, lui, son frère et un autre accusé ont publié depuis la prison des statuts et des photos sur Facebook sous les pseudonymes « Moh Kawasaki », « Mantale d’Ascié » ou encore « El Chapo Courto ». Sur les clichés, leur visage est clairement identifiable. L’un se met en scène fumant un joint tandis que « le mineur » frime dans une piscine gonflable installée dans sa cellule et le troisième fait le V de la victoire dans un post, intitulé « La taule ».

 
Capture d’écran du site Le Point.fr - Capture d’écran

 

« Des erreurs ont troublé mon passé mais je ne regrette rien de tout ce que j’ai fait » ou « Si la vérité blesse… imagine toi skune bale (sic) peut faire !!! » pouvait-on lire sur les statuts de ces trois profils, désormais désactivés. Un rebondissement qui pourra peut-être peser dans les débats.

« Ce n’est pas possible que ça soit eux »

« Je n’en sais rien du tout, je suis extrêmement choqué », a réagi Maître Joëlle Vernay, interrogée par France Bleu Isère. « L’exploitation de ce qui est dit par média interposé me choque profondément J’attends qu’on interroge mes clients pour qu’ils répondent ».

« Ce qui est sûr en tout cas, c’est qu’ils n’ont jamais prononcé les phrases qui sont marquées. Je défends deux personnes qui sont bouleversées par ce qui s’est passé et très respectueuses des victimes. Ce n’est pas possible que ce soit eux », ajoute l’avocate, précisant que ces posts pourraient être l’œuvre du codétenu de son client.