Tunnel de Chambon: Où en est-on six mois après la fermeture de l'ouvrage?

MONTAGNE A quelques semaines de l’ouverture de la saison de ski, l’accès aux stations et villages desservis par l’ouvrage reste contraint…

Elisa Frisullo

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Le tunnel du Chambon, qui relie Grenoble à Briançon, est fermé depuis avril 2015, en raison du glissement de terrain de la montagne.
Le tunnel du Chambon, qui relie Grenoble à Briançon, est fermé depuis avril 2015, en raison du glissement de terrain de la montagne. — Konrad/Sipa

C’est une étape attendue depuis des mois mais sans doute pas la fin de la galère. Six mois après la fermeture du Chambon, ce tunnel reliant Grenoble (Isère) à Briançon (Hautes-Alpes) coupé à la suite du glissement de terrain d’une partie du pan de la montagne, la vie de la population de la vallée de la Romanche est suspendue à l’ouverture d’une piste de secours. Cette petite route a été aménagée par le conseil général de l’Isère pour offrir dès mi-novembre une desserte locale dans cette vallée, enclavée depuis la coupure du Chambon. Une solution provisoire mais pas miraculeuse.

  • Une route réservée à la desserte locale

La route devrait, selon le conseil général, absorber 90 % de la desserte locale. Pendant la saison de ski, cette piste étroite ne sera pas conseillée aux vacanciers. Pour gagner les stations du Briançonnais, ils seront orientés depuis le Nord (Paris, Lyon, Grenoble) par Gap ou par l’A43 puis le tunnel du Fréjus. Des trajets plus longs ou plus coûteux. « Pour certains habitants, l’ouverture de la piste de secours, c’est le Graal », indique Sonia Paquet-Chamoux, du collectif Chambon. « Mais il faudrait qu’elle soit exploitée au maximum. Il faut qu’on puisse vivre et se déplacer dans la vallée mais également qu’on retrouve notre flux touristique », précise cette restauratrice au col du Lautaret (Hautes-Alpes).

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  • Des villages et stations moins attractifs

Cet été, les villages de l’Oisans ou du Pays de la Meije ont souffert de la fermeture du tunnel. Dans un bilan réalisé mi-août, Isère tourisme faisait état d’une situation « délicate » suite à la fermeture du Chambon entraînant « une baisse de la clientèle cycliste, cyclotouriste, des randonneurs et les touristes italiens ». Dans son restaurant du Lautaret, situé près de Grave, station prisée été comme hiver par les Lyonnais et les Grenoblois le temps d’un week-end, Sonia a perdu 70 % de son chiffre d’affaires en juin et septembre et 50 % en juillet et en août.

  • Une saison hivernale incertaine

« Cet hiver risque d’être encore compliqué. Les vacanciers qui ont prévu une semaine au ski viendront. Mais les Rhônalpins qui viennent skier à la journée ou sur un week-end risquent d’hésiter avec les temps de parcours qui se sont allongés pour venir jusqu’à notre secteur », craint le collectif Chambon, inquiet pour la situation économique des commerçants et des professionnels du tourisme.

A la station de Serre-Chevalier, l’Office du tourisme est plus confiant. « Les Grenoblois hésiteront peut-être à venir à la journée mais globalement, cet été, la fermeture du chambon n’a pas trop impacté l’activité touristique. Et pour cet hiver, les réservations s’annoncent plutôt bien », indique l’Office du tourisme de la station, accessible depuis le Nord par l’A43 et le tunnel du Fréjus. Un trajet presque aussi court que par le Chambon mais beaucoup plus onéreux. Aussi, pour ne pas voir sa clientèle bouder les pistes, l’office a mis en place, comme les stations du domaine La Grave La Meiije un tarif à 13 euros par passage sous le tunnel du Fréjus, en motos ou voiture de moins de deux mètres (contre 43,50 euros normalement).