Procès d’Échirolles : Les avocats de la défense vont-ils plaider l'erreur judiciaire?

JUSTICE Aucun de douze accusés ne reconnaît avoir porté les coups de couteaux mortels...

Caroline Girardon

— 

Quelques jours après le meurtre de Sofiane et Kevin, les habitants d’Échirolles avaient manifesté leur tristesse et leur soutien aux familles.
Quelques jours après le meurtre de Sofiane et Kevin, les habitants d’Échirolles avaient manifesté leur tristesse et leur soutien aux familles. — Pascal Fayolle / Sipa

Le huis clos n'a pas été levé, comme le demandaient les familles de victimes. Ce mardi matin, la cour d’assises de Grenoble, qui va se pencher pendant six semaines sur le double meurtre de Kevin et Sofiane à Echirolles en septembre 2012, s'est prononcée contre la publicité des débats.

Pour revenir sur les faits et l’enjeu du procès

Deux avocats de la défense étaient même favorables à la levée du huis clos. « La justice doit être rendue au nom du peuple français et non pas en secret », a estimé lundi soir Ronald Gallo, à la sortie de l’audience, tandis que Bernard Ripert a dit vouloir « éviter que la justice fasse un mauvais coup en catimini ».

Car avant même que les débats ne débutent réellement, certains avocats n’hésitent pas à brandir la thèse de l’erreur judiciaire. Aucun des accusés n’a reconnu avoir porté les coups de couteau mortels.

>> Lire aussi : « Qui cherche-t-on à protéger ? Les victimes ou les assassins ? »

 

« Ils ne sont pas une horde de sauvage venue assassiner des jeunes. Des coupables sont dehors et des innocents dedans », clame Joëlle Vernay, représentant l’un des mineurs et son frère. « Le plus petit (incarcéré) est resté prostré pendant trois ans. Je n’arrivais pas à lui parler du dossier. Aujourd’hui, il a plus peur de dénoncer les autres que de reconnaître ce qu’il a fait. »

« Ceux qui ont balancé n’ont rien vu »

« Il avait un pistolet à blanc ce soir, il a reçu un coup de crosse sur la tête. Il a tiré à blanc. Les deux victimes sont mortes de coups de couteau, pas de revolver à blanc », poursuit-elle. « Il y avait plusieurs bagarres dans pleins d’endroits. Tous ne pouvaient pas savoir ce qui se passait. On ne voyait rien, la reconstitution de l’an dernier, a montré qu’il est difficile de savoir qui a fait quoi. D’autant que l’arme du crime n’a pas été retrouvée. Ceux qui ont balancé n’ont rien vu. Soit ils ont appris après ce qu’il s’était passé. Soit ils ont inventé », accuse l’avocate.

Une théorie étayée par Florent Girault. « L’instruction n’a rien démontré. Je crains une justice fondée sur la rancœur et la volonté de prononcer une peine exemplaire ». « Mes clients reconnaissent leur participation au début de la bagarre. Il n’est pas établi qu’ils étaient présents au moment de la rixe finale », ajoute Arnaud Levy-Soussan qui redoute « un faux procès ».