Émeutes de Moirans : L’enquête pourrait prendre « des semaines », selon le procureur de Grenoble

JUSTICE Les enquêteurs pourraient mettre plusieurs semaines à identifier les participants…

Caroline Girardon

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Le procureur de la République de Grenoble, Jean-Yves Coquillat, à gauche, le 21 octobre 2015.
Le procureur de la République de Grenoble, Jean-Yves Coquillat, à gauche, le 21 octobre 2015. — PHILIPPE DESMAZES / AFP

« L’enquête démarre, elle n’est pas facile ». Au lendemain des émeutes qui ont éclaté mardi soir à Moirans (Isère), le procureur de la République de Grenoble a tenu un point presse, ce mercredi.

« Un travail important reste à effectuer. Beaucoup d’éléments sont à exploiter comme des films ou des photos. Ce type d’enquête est extrêmement difficile. La plupart des individus étaient cagoulés et portaient souvent des gants », explique Jean-Yves Coquillat.

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L’enquête pourrait ainsi prendre « des semaines » selon le parquet. « Nous avons affaire à des délinquants. Ces gens-là ne sont pas faciles à interpeller. Encore faut-il prouver qu’ils ont participé à tel ou tel fait, qu’ils ont poussé telle voiture, qu’ils ont le feu à une autre, qu’ils ont confectionné une barricade ou même participer à cette émeute. C’est un travail beaucoup plus complexe qu’il n’y paraît », insiste le procureur de la République qui se dit prêt à effectuer « d’importantes dépenses en matière de recherche génétique » (ADN) pour identifier les participants, risquant une peine maximale de dix ans d’emprisonnement.

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« Je crois que cette affaire a choqué l’opinion publique, au-delà de Moirans. Elle a choqué toute la France. Elle doit pouvoir recevoir une réponse même s’il ne s’agit pas de faire condamner n’importe qui », justifie Jean-Yves Coquillat.

« Les gens du campement ont naturellement une responsabilité »

Mardi soir, 35 véhicules ont été incendiés. Tous ne provenaient pas de la casse attenante au campement des gens du voyage. « 18 appartenaient à des particuliers et n’étaient donc pas des épaves », précise Jean-Yves Coquillat ajoutant que hormis le gérant de casse automobile, personne n’avait subi d’agressions.

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Par ailleurs, il estime que les gens du campement, surpris par ce qui s’était passé, avaient « naturellement une responsabilité au même titre que les autres ». « La mère dit ne pas approuver la violence mais ne répond de rien. Or, chacun doit répondre de ses actes. Y compris de la provocation que peuvent constituer ces paroles », poursuit-il assumant la décision de ne pas faire libérer temporairement le frère de prison afin qu’il puisse assister aux funérailles du benjamin.

« C’est mon parquet qui s’est opposé à cette permission, compte tenu de la dangerosité de ses individus et de la possibilité d’évasion », argumente le procureur. « Quand on purge sa peine, même si ça ne plaît pas à tout le monde, on n’a pas un droit automatique à une permission de sortir et on respecte les décisions de justice. Ni d’avoir une libération conditionnelle ou un bracelet automatique. Et ce n’est pas en brûlant ou en cassant, qu’on obtient cela ! »