Ligue des champions: Avant le match face au Zenit, l'OL doit-il surtout viser une place en Ligue Europa?

FOOTBALL Les Lyonnais ne sont pas au mieux avant la troisième journée de l’épreuve reine, mardi (20 h 45) à Saint-Pétersbourg. « 20 Minutes » se penche sur leurs véritables chances en C1…

Jérémy Laugier

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L'immense occasion manquée par Jordan Ferri, le 29 septembre face à Valence (0-1), a peut-être été le tournant de la Ligue des champions pour l'OL.
L'immense occasion manquée par Jordan Ferri, le 29 septembre face à Valence (0-1), a peut-être été le tournant de la Ligue des champions pour l'OL. — JEFF PACHOUD / AFP

Deux mois et demi après son retour à la compétition, l’OL ne présente guère de certitudes. Incapables de remporter deux matchs consécutifs, les joueurs d’Hubert Fournier pourraient être lâchés en Ligue des champions, à mi-parcours, en cas de mauvais résultat en Russie mardi (20h45) face au Zenit Saint-Pétersbourg. Mais dans le fond, Lyon doit-il vraiment chercher à se qualifier pour les 8es de finale de l’épreuve reine ?

Oui, l’OL doit saisir une chance unique

Un tirage aux allures de jackpot. Au terme du tirage au sort très favorable de leur groupe H (Zenit, Valence et La Gantoise), le 27 août, les Lyonnais semblaient quasiment dans l’obligation de se qualifier pour les 8es de finale de la Ligue des champions. Le constat n’est pas forcément différent aujourd’hui, sauf que leur meilleur joueur Nabil Fekir (rupture du ligament croisé du genou droit) ne disputera pas le moindre match de poule.

Les leaders à la conquête de l’Europe. « Dans ce groupe homogène, nous avons toujours la qualification en tête, nous a confié Samuel Umtiti la semaine passée. Les jokers ont déjà été utilisés et nous n’aurons plus d’excuse. » Un discours offensif d’un cadre du vestiaire que partage le capitaine Maxime Gonalons, seul Lyonnais dans l’effectif actuel à avoir vécu la demi-finale de Ligue des champions face au Bayern Munich en 2010 : « Il n’y a plus de calcul à faire, c’est un match décisif ». Aux côtés de Lacazette, Lopes, Tolisso et consorts, ils tiennent à replacer leur club formateur sur la carte de l’Europe, trois saisons après une dernière participation mitigée en C1.

Valence a transcendé les joueurs. Jamais l’OL n’a affiché autant de pressing et d’allant cette saison que lors des deux fins de mi-temps face à Valence, le 29 septembre. Malgré le revers (0-1), les Lyonnais se sont montrés à la hauteur avec 56 % de possession de balle et surtout 21 tirs à 6. La preuve que cette équipe, souvent inoffensive en L1 avec son 4-4-2 en losange, peut se sublimer dans les grands rendez-vous. Un enthousiasmant parcours en Ligue des champions ne pourrait donc pas faire de mal dans une saison mal entamée.

Non, la place de cet OL est en Ligue Europa et en L1

L’OL n’a pas, ou plus, l’effectif suffisant. C’est peu dire que la grave blessure de Nabil Fekir au Portugal a chamboulé les ambitions lyonnaises cette saison, tant en termes de spectacle que de résultats. Entre les incertitudes totales (Grenier et Fofana), la fragilité récurrente de Bisevac, des recrues à l’adaptation délicate (Yanga-Mbiwa, Beauvue, Darder, Morel et Valbuena) et les jeunes qu’Hubert Fournier ne lance pas encore vraiment avec les pros (Cornet, Tousart et Kemen) quand ils ne sont pas eux aussi blessés (Kalulu), l’OL n’a guère les moyens de (bien) faire tourner lors de ses nombreuses semaines à trois matchs.

Le groupe est actuellement sous tension. Avant même l’accrochage dans le vestiaire entre Corentin Tolisso et Lindsay Rose dimanche, les déclarations à Monaco (1-1) d'Alexandre Lacazette (« Il faut demander à chaque joueur s’il se sent concerné ou s’il y a un problème entre nous ») et de Sergi Darder (« Je me suis senti un peu perdu sur le terrain ») laissent apparaître des tensions à Lyon. Encore en quête de sa fraîcheur et de sa spontanéité de la saison passée, cette équipe peut difficilement viser le Top 16 de Ligue des champions dans ce contexte.

Le président Aulas se voit plutôt en C3. En quelques semaines, Jean-Michel Aulas a subtilement revu ses ambitions européennes à la baisse. Mercredi dernier, lors d’une conférence de presse, le président lyonnais a évoqué la perspective du Grand Stade « d’accueillir en 2016 un 16e de finale de Ligue Europa ou un 8e de finale de Ligue des champions ». Pour un dirigeant si attentif à sa communication, cet ordre ne peut être un hasard.