Prières de rue comparées à l'Occupation: Marine Le Pen convoquée mardi devant le tribunal correctionnel de Lyon

JUSTICE Lors d'un meeting à Lyon en 2010, elle avait comparé les prières de rue des musulmans à l'Occupation...

C.G. avec AFP

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Marine Le Pen candidate FN aux elections regionales Nord-Pas-de-Calais-Picardie en meeting a Calais. Calais. Le 2 octobre 2015. Credit: Sarah ALCALAY/SIPA
Marine Le Pen candidate FN aux elections regionales Nord-Pas-de-Calais-Picardie en meeting a Calais. Calais. Le 2 octobre 2015. Credit: Sarah ALCALAY/SIPA — SIPA

« Je ne vais pas rater une telle occasion ». Marine Le Pen devrait être à Lyon ce mardi. C’est ce qu’elle a assuré il y a un mois alors qu’elle apprenait son renvoi en justice. La présidente du Front national comparaîtra devant le tribunal correctionnel pour « provocation à la discrimination, à la violence ou à la haine envers un groupe de personnes à raison de leur appartenance à une religion. »

Une première pour celle qui a fait exclure son père du parti au nom de ses provocations répétées. En décembre 2010, alors qu’elle faisait campagne pour la présidence du FN, elle avait comparé les prières de rues des musulmans à l’Occupation lors d’un meeting se déroulant au pavillon du parc de la Tête d’Or de Lyon.

Prières de rue : Marine Le Pen réfute le « dérapage »

« Je suis désolée mais pour ceux qui aiment beaucoup parler de la Seconde Guerre mondiale, s’il s’agit de parler d’Occupation, on pourrait en parler, pour le coup, parce que ça, c’est une occupation du territoire », avait-elle déclaré à l’époque.

Et d’ajouter : « C’est une occupation de pans du territoire, des quartiers, dans lesquels la loi religieuse s’applique, c’est une occupation. Certes, il n’y a pas de blindés, pas de soldats, mais c’est une occupation tout de même et elle pèse sur les habitants ».

Occupation avec un petit « o » ?

A plusieurs reprises, depuis l’annonce de sa convocation au tribunal, la présidente du FN a assuré qu’elle ne parlait d'« occupation » qu’avec un petit « o », sans faire référence à la Seconde Guerre mondiale.

Marine Le Pen aura face à elle, quatre associations qui se sont constituées partie civile : le Collectif contre l’islamophobie en France, le Mrap, l’Observatoire national contre l’Islamophobie du Conseil Français du Culte Musulman (CFCM) et la Ligue judiciaire de défense des musulmans, association présidée par l’avocat Karim Achoui.

Une peine d’un an de prison encourue

« Je sais sur quel plan elle va se défendre : elle va essayer de porter confusion entre islamisme extrémiste et simple musulman. En réalité, elle vise évidemment les musulmans », souligne Samy Debah, président du CCIF.

« On ne peut pas se plaindre des prières de rue qui sont le résultat d’un manque de places et s’opposer dans le même temps à l’ouverture de lieux de cultes dignes », poursuit-il. Marine Le Pen encourt une peine d’un an d’emprisonnement et 45.000 euros d’amende.