Lyon: Les écoliers impliqués dans la lutte contre le gaspillage alimentaire

CANTINES Plusieurs expérimentations sont en cours pour faire des repas un temps pédagogique...

Elisa Frisullo

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Lyon, le 16 octobre 2015, reportage à l'école Camus de Lyon, où les enfants sont très impliqués sur la pause déjeuner et la revalorisation des déchets alimentaires.
Lyon, le 16 octobre 2015, reportage à l'école Camus de Lyon, où les enfants sont très impliqués sur la pause déjeuner et la revalorisation des déchets alimentaires. — Elisa Frisullo / 20 Minutes

A l’école Camus, ce vendredi midi, c’est une élève qui sert ses petits camarades au self en îlot, autour duquel se pressent chaque jour des dizaines d’écoliers à l’heure du déjeuner. Dans cet établissement du 5e arrondissement de Lyon, la pause méridienne est devenue depuis la rentrée un véritable temps pédagogique.

Les enfants mis à contribution

Pendant le service, des petits volontaires sont mis à contribution, aux côtés des personnels municipaux, pour présenter les plats aux autres enfants. « Il s’agit d’une sorte de tutorat pour impliquer les écoliers sur ce temps de midi. Entre eux, les petits osent davantage se dire ce qu’ils n’aiment pas et cela crée un lien très différent entre les enfants et les agents chargés du service. Un véritable lien se crée entre l’adulte et l’enfant », indique Catherine Badonnel, coordinatrice éducative à la Ville de Lyon, en charge des 2e et 5e arrondissements.

En impliquant mieux les enfants à la cantine, la municipalité espère ainsi limiter le gaspillage alimentaire. Dans cette école, les fruits non mangés sont désormais revalorisés. « Ils sont récupérés par le prestataire en charge de la restauration scolaire et donnés à la banque alimentaire du Rhône. Elle en fait ensuite bénéficier différentes associations », précise Régine Roux-Duplatre, directrice du temps périscolaire mis en place sur la pause déjeuner.

Du lombricompost dans les écoles

A Lyon, trois autres groupes scolaires participent à des expérimentations pour éviter que les poubelles des cantines ne débordent de produits non mangés. Un partenariat est notamment en cours avec l’Ademe de Lyon (Agence de l’environnement et de la maîtrise d’énergie) pour permettre à des enfants de peser chaque jour les déchets du midi. « Le but est de favoriser la prise de conscience des élèves pour ensuite agir avec eux », ajoute l’adjointe à la Ville de Lyon Anne Brugnera en charge de l’Education. Deux autres établissements disposent depuis l’an passé de lombricompost pour transformer en engrais naturel, grâce au travail des vers, les denrées non mangées.

Et pour éviter de jeter chaque jour des dizaines de plats préparés, livrés dans les restaurants scolaires mais non servis, la municipalité a décidé de travailler en amont avec la cuisine centrale. « La décommande de repas est la première source de gaspillage. Nous demandons désormais aux familles d’élèves de bien respecter un délai de 48 heures pour annuler un repas afin que la cuisine centrale puisse être prévenue suffisamment tôt », ajoute l’adjointe. En cas d’annulation de dernière minute, la cantine est facturée aux parents.