OL: Samuel Umtiti a appris à «mettre des coups et dégager loin»

FOOTBALL Remarquable depuis le début de saison, le défenseur lyonnais de 21 ans estime « (se) donner les moyens » d’être convoqué avec les Bleus. Pour «20 Minutes», il décrypte son évolution…

Propos recueillis par Jérémy Laugier

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Samuel Umtiti, qui déborde ici le Guingampais Nill De Pauw, en août, essaie d'apporter un plus offensivement avec l'OL.
Samuel Umtiti, qui déborde ici le Guingampais Nill De Pauw, en août, essaie d'apporter un plus offensivement avec l'OL. — FRED TANNEAU / AFP

En interview, Samuel Umtiti est une démonstration de sérénité. La même qu’il dégage sur les terrains depuis ses débuts professionnels, à tout juste 18 ans. Pour 20 Minutes, le défenseur lyonnais s’est penché sur son évolution et son ambition de porter le maillot de l’équipe de France.

Avez-vous regardé les deux derniers matchs de l’équipe de France ?

Oui bien sûr, je regarde tous les matchs de foot de toute façon. Regarder ces rencontres internationales peut permettre de progresser.

Encore plus que lors des précédents rassemblements, ne pensiez-vous pas sincèrement avoir des chances d’être appelé ?

En tout cas, je me donne les moyens de postuler à la sélection. Il faut être performant et régulier et c’est ce que j’essaie de montrer en ce moment. Il n’y en a qu’un qui décide et il a beaucoup de choix à faire, surtout à mon poste.

Recevez-vous régulièrement des préconvocations de Didier Deschamps ?

On ne m’en a jamais parlé, donc je pense que je n’ai jamais reçu de préconvocation.

Estimez-vous qu’il soit trop tard désormais pour intégrer le groupe qui participera à l’Euro 2016 ?

Il y a une équipe qui se dégage et c’est vrai qu’à mon poste, il y a du monde. En défense centrale, il faut surtout trouver un bon binôme. A moi de faire plus avec mon club que ceux qui sont en sélection depuis un petit moment.

Ressentez-vous parfois une forme d’abattement en ne voyant pas votre nom sur la liste ?

Non, il ne faut jamais lâcher. Si je ne suis pas appelé pour le moment, c’est qu’il me manque encore quelque chose.

A l’image de Giannelli Imbula avec la Belgique, pourriez-vous vous laisser tenter par la sélection camerounaise si la situation n’évolue pas avec l’équipe de France ?

Non, j’ai pris une décision qui est logique et naturelle. J’ai grandi ici, j’ai fait toutes mes classes en France. J’ai porté le maillot bleu dans les équipes de jeunes et j’ai envie de le porter à nouveau, tout simplement. Mon choix était fait depuis le début, même si j’ai des origines camerounaises.

Avez-vous le sentiment qu’on sous-estime vos qualités de relanceur ?

J’aime faire des passes, jouer et apporter un plus offensivement. Au début, c’était un peu un défaut car j’essayais surtout de bien relancer. Mais quand un défenseur arrive en Ligue 1, il doit vraiment défendre, mettre des coups et dégager loin. Je ne savais pas faire ça. Je pense avoir progressé dans ce domaine. J’arrive à savoir quand je dois relancer proprement et quand je dois être un vrai défenseur. C’est vrai que j’ai l’impression que les gens me voient plus comme un défenseur dur sur l’homme, mais je pense avoir d’autres qualités.

Pour votre cinquième saison avec le groupe professionnel, vous comportez-vous comme un vice-capitaine dans le vestiaire ?

J’ai toujours eu en moi cette âme de leader. Mais c’est vrai que cette saison, je prends beaucoup plus la parole quand il le faut, avant le match ou à la mi-temps.

Avez-vous vraiment failli quitter l’OL durant l’été 2014 ?

Non, ça me faisait rire d’entendre certaines rumeurs, même s’il y a eu des « top clubs » qui ont montré de l’intérêt. Mais je voulais encore progresser ici pour passer des paliers.

Vous en avez passé quelques-uns depuis…

Il faut bien (sourire). En tout cas, je sais pourquoi je me lève le matin. Je travaille chaque jour pour vraiment être au top. Si je suis amené à quitter le club un jour, je ne peux pas savoir où je vais aller.

N’avez-vous pas des clubs fétiches que vous choisissez à la console ?

Si, je prends soit le Real Madrid, soit Barcelone !