Lyon: L'art et les machines se dévoilent au musée des Confluences

CULTURE L’établissement consacre une exposition aux évolutions technologiques et industrielles ainsi qu’au regard que portent les artistes sur elles…

Caroline Girardon
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Lyon, le 12 octobre 2015
Le musée des Confluences de Lyon présente sa nouvelle exposition temporaire "L'art et la machine", qui sera visible du 13 octobre 2015 au 24 janvier 2016. Elle présente les relations étroites entre le regard de l'artiste sur la machine et l'évolution des technologies industrielles et mécaniques.
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Lyon, le 12 octobre 2015 Le musée des Confluences de Lyon présente sa nouvelle exposition temporaire "L'art et la machine", qui sera visible du 13 octobre 2015 au 24 janvier 2016. Elle présente les relations étroites entre le regard de l'artiste sur la machine et l'évolution des technologies industrielles et mécaniques. —

Il aura fallu près de 15 ans pour voir naître cette exposition. Quinze ans au cours de laquelle, l’idée, lancée en 2001, n’a jamais été vraiment abandonnée. A partir de mardi, le musée des Confluences de Lyon présente une exposition dressant des parallèles entre l’art et le monde industriel.

L’art et la machine, visible jusqu’au 24 janvier, explore l’histoire de la représentation des machines à travers l’art.



« On aurait pu associer des œuvres d’art et de vraies machines. Mais on a souhaité faire autrement », glisse Christian Sermet, l’une des personnes chargées d’exposition. A savoir présenter 178 pièces à la frontière des deux mondes. « Les visiteurs seront amenés à se demander sans arrêt s’ils sont devant une machine ou une œuvre d’art, et quelle est la limite entre les deux », poursuit-il.

L’exposition s’ouvre ainsi sur la DS de Gabriel Orozco. Si le design, vu de profil, est conforme aux véhicules autrefois en circulation, la voiture s’avère pourtant unique en son genre, ne possédant qu’une seule place.

 

Dans la première pièce consacrée à la « fascination de la machine », le public pourra admirer une hélice d’avion (exposée lors du salon de la locomotion aérienne de 1912) devant laquelle Marcel Duchamp s’est extasié, lâchant : « C’est fini la peinture. Qui ferait mieux que cette hélice ? ». L’objet va inspirer à l’artiste ses fameux ready-made (objet manufacturé détourné de son sens), dont le premier est La roue de bicyclette, exposée aussi à Lyon.
Marcel Duchamp
Dans la première pièce consacrée à la « fascination de la machine », le public pourra admirer une hélice d’avion (exposée lors du salon de la locomotion aérienne de 1912) devant laquelle Marcel Duchamp s’est extasié, lâchant : « C’est fini la peinture. Qui ferait mieux que cette hélice ? ». L’objet va inspirer à l’artiste ses fameux ready-made (objet manufacturé détourné de son sens), dont le premier est La roue de bicyclette, exposée aussi à Lyon.
ready-made (objet manufacturé détourné de son sens)
Dans la première pièce consacrée à la « fascination de la machine », le public pourra admirer une hélice d’avion (exposée lors du salon de la locomotion aérienne de 1912) devant laquelle Marcel Duchamp s’est extasié, lâchant : « C’est fini la peinture. Qui ferait mieux que cette hélice ? ». L’objet va inspirer à l’artiste ses fameux ready-made (objet manufacturé détourné de son sens), dont le premier est La roue de bicyclette, exposée aussi à Lyon.

De la fascination au désenchantement

« A cette époque, les machines toujours plus puissantes sont érigées en symbole de la modernité. Une nouvelle ère s’ouvre, placée sous le signe de la vitesse. Les artistes deviennent fascinés par les lignes pures, l’aérodynamisme et les mouvements de ces machines », explique Christian Sermet.

Au fil du parcours proposé par le musée, les visiteurs découvriront cette fascination exercée par les machines mais aussi le rejet et le désenchantement quelques années plus. « Les artistes vont se mettre à les maltraiter », sourit Yoann Cormier, chargé d’exposition. Comme cette statue de César, où l’on arrive à distinguer tous les éléments mécaniques (moteur, boîte à vitesses) pourtant compressés.

Ici Giulietta Alfa Romeo de César (1974)

 

« Les années 80 marquent le début de la désindustrialisation. A partir de cette période, les artistes vont appréhender les machines dans leur dimension symbolique et imaginaire », indique Yoann Cormier. Et créer ainsi des œuvres cocasses, dérisoires et souvent totalement loufoques comme ce vélo en liane de Titos Mabota, ou l’étrange et immense machine animée de Jean Tinguely, le clou du spectacle.

Ici Méta-Maxi de Jean Tinguely (1986)