VIDEO. Pro A: «Cet été, l’Asvel a vraiment fait tapis avec moi», estime Livio Jean-Charles

BASKET L’intérieur guyanais de 21 ans, drafté par les San Antonio Spurs, voit ses responsabilités grimper en flèche cette saison avec l’Asvel. Il s’est confié à « 20 Minutes » avant le déplacement à Paris ce lundi (20h30)...

Propos recueillis par Jérémy Laugier

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Livio Jean-Charles, ici lors d'une rencontre le 11 juillet à Las Vegas, a participé à la Summer League avec les Spurs cet été.
Livio Jean-Charles, ici lors d'une rencontre le 11 juillet à Las Vegas, a participé à la Summer League avec les Spurs cet été. — David Dow / NBAE / Getty Images / AFP

« Quand on y repense, je suis le plus ancien joueur de cette équipe. » Du haut de ses 21 ans, Livio Jean-Charles a déjà connu de nombreuses aventures depuis ses débuts professionnels en 2011 à l’Asvel. MVP du Hoop Summit et drafté par les Spurs en 2013, celui qui s’est stabilisé comme intérieur a dans la foulée subi une saison blanche après une rupture des ligaments croisés du genou droit. Titulaire depuis cet été, le bondissant Guyanais s’est confié à 20 Minutes avant la 3e journée de Pro A à Paris, ce lundi (20h30).

Comment votre groupe a-t-il vécu le surprenant revers (57-58) face à Cholet mardi dernier ?

C’est selon moi juste un petit contretemps, une erreur de parcours. C’est chiant car on aurait pu profiter de l’élan que nous avait donné la victoire à Strasbourg (77-87) pour tout balayer sur notre passage.

Avez-vous eu la sensation d’être un prétendant au titre en puissance après ce succès chez le vice-champion en titre ?

On ne se l’est pas dit à voix haute. Mais individuellement, on a tous eu cette pensée : en évoluant à ce niveau, on peut aller loin et être champions. Ce jour-là, il y avait une vraie volonté collective de placer la balle à certains moments et à certains endroits sans dépendre d’exploits individuels.

Estimez-vous déjà que l’effectif de l’Asvel est meilleur que celui de la saison précédente ?

Ce sont des équipes très différentes. L’an dernier, il y avait vraiment plus de joueurs pouvant scorer, comme Edwin (Jackson), Amara (Sy) ou Ahmad Nivins. C’est plus homogène cette saison. Chacun a plus de responsabilités.

C’est notamment votre cas avec 26 minutes de temps de jeu, contre 14 lors de vos deux précédentes saisons…

C’est clair que JD (Jackson, coach de l’Asvel) me met sur le devant de la scène. A nous les jeunes, avec Alex (Chassang) de prouver qu’on peut tenir la baraque à ce poste 4. Ce statut de titulaire a un effet boule de neige pour moi (11,5 d’évaluation lors des deux premières journées, contre 6,9 la saison passée). Je voudrais vraiment être un cadre dans cette équipe.

Qui à Villeurbanne a impulsé votre nouveau rôle ?

Je pense qu’un peu tout le monde au club a poussé pour mon évolution. J’ai toujours plus ou moins senti qu’on croyait en moi à l’Asvel mais c’est clair que cet été, les dirigeants ont vraiment fait tapis avec moi (sourire) !

San Antonio, qui vous a drafté en 2013, a-t-il pu pousser Tony Parker à davantage miser sur vous ?

Les deux clubs sont en collaboration. JD a passé la Summer League avec les Spurs (tout comme Livio Jean-Charles) et je pense simplement qu’avec le GM des Spurs, ils ont dû avoir des discussions au sujet de mon évolution.

Auriez-vous aimé rejoindre San Antonio dès cette saison ?

C’est sûr que je n’avais pas le niveau pour intégrer l’équipe des Spurs donc ça ne m’a pas frustré. Je vais encore rester m’aguerrir ici puis on verra. Là, les Spurs ont fait signer LaMarcus Aldridge...

Espérez-vous être prêt à franchir le cap l’été prochain ?

Oui, ça serait dans mon optique même si je ne me donne pas de date. Ça va dépendre de la saison que je réussis avec l’Asvel.

Quand vous voyez la trajectoire d’un joueur comme Nando De Colo, vous arrive-t-il parfois de vous dire qu’il vaut mieux privilégier l’Euroligue qu’une aventure américaine ?

J’ai croisé Nando à San Antonio et c’est sûr qu’il est plus épanoui maintenant. Ce n’est pas la fin du monde si je ne vais pas en NBA mais j’ai plutôt un profil NBA qu’Euroligue.

En voyant Mouhammadou Jaiteh intégrer les Bleus pour l’Euro, vous imaginez-vous être l’invité surprise des prochains JO de Rio ?

Il était quand même présélectionné et donc dans le circuit en 2014, contrairement à moi. Il faut laisser le temps au temps. J’aurais vraiment aimé y aller car c’est près de chez moi en plus. Mais je ne me fais pas d’illusion : je ne pense pas que j’aurai le niveau pour y être.