Lyon: Florie Reynaud, jeune chercheuse, prend nos neurones en main

SCIENCES La doctorante de 30 ans fait partie des 20 lauréates de la bourse scientifique L'Oréal-Unesco...

Elisa Frisullo

— 

Florie Reynaud, chercheuse lyonnaise, fait partie des 20 lauréates de la bourse de la fondation L'Oréal.
Florie Reynaud, chercheuse lyonnaise, fait partie des 20 lauréates de la bourse de la fondation L'Oréal. — Stephane Cardinale

Depuis son plus jeune âge, elle se passionne pour le monde qui l’entoure. Le vivant, les sciences et plus spécialement la biologie. « C’est la vie, c’est concret. Cette discipline est pleine de couleurs, pleine de jolies choses », s’enthousiasme Florie Reynaud. Cette Lyonnaise, en doctorat au Centre de génétique et de physiologie moléculaire et cellulaire de l’Université Lyon-I, fait partie des vingt chercheuses françaises récemment récompensées par la bourse annuelle de la Fondation L’Oréal-Unesco. Un prix de 15.000 euros destiné à valoriser les travaux des jeunes scientifiques et à encourager les vocations féminines dans ce le domaine encore très masculin.

Une solution contre la perte des neurones ?

Pour en arriver là, la jeune femme originaire de l’Ardèche a suivi un parcours quelque peu atypique. Une fois son bac sciences et techniques de laboratoire en poche, elle a passé un BTS puis a intégré un laboratoire de recherches. Elle y a travaillé pendant quatre ans avant de décider de se relancer dans les études. « Mes rencontres professionnelles m’ont encouragée à aller au-delà », confie la doctorante, dont les travaux portent sur le développement du système nerveux à l’état embryonnaire. « J’étudie, au stade précoce, de quelle manière les neurones naissent chez le fœtus. L’objectif est d’éviter que les neurones ne meurent et de parvenir à les remplacer chez l’adulte », explique Florie, 30 ans.

Depuis qu’elle travaille sur ce sujet de thèse, Florie progresse. A petits pas. Car elle le sait, les avancées scientifiques prennent de longues années. Mais peu importe, les enjeux sont énormes et l’aventure exaltante pour la jeune fille. « Aujourd’hui, nous savons comment cela fonctionne, mais il nous manque encore beaucoup d’éléments. Cela prendra peut-être 20 ans mais, en attendant, on travaille sur du concret, avec des objectifs précis. Une fois que l’on maîtrisera la régénération des neurones, nous espérons pouvoir traiter les patients souffrant de maladies neurodégénératives, comme Alzheimer ou Parkinson. Mais également les lésions cérébrales ou les désordres d’origine neurologique comme l’épilepsie ou la schizophrénie », ajoute la chercheuse, qui s'illumine lorsqu’elle évoque ses travaux. « Le cerveau est un organe magique, très complexe et encore si peu compris. Percer ses mystères, pour savoir comment il s’organise, c’est passionnant ».

Une passion à partager pour susciter des vocations

Cette passion, la jeune fille, en troisième année de thèse, va devoir la partager. Avec des jeunes filles. C’est la contrepartie de la bourse L’Oréal. « Nous devons aller dans des lycées pour leur parler de notre métier et, pourquoi pas, susciter des vocations », ajoute Florie, consciente du chemin qu’il reste à parcourir en matière d’égalité hommes femmes. «Dans les laboratoires de biologie, cette différence tend à se lisser. Mais, globalement, les postes à responsabilités sont occupés par des hommes, en physique, chimie, c’est encore très masculin. Les sciences peuvent encore faire peur aux femmes ».

Une fois sa thèse achevée, courant 2016, Florie Reynaud projette de partir un an à l’étranger pour réaliser son post-doctorat. En Suède, de préférence, pour voir autre chose. Mais son avenir, elle le voit en France, à continuer à percer les mystères de notre cerveau.