Affaire de la Bac à Lyon: Deux des policiers en garde à vue soupçonnés d'avoir commis des violences

ENQUÊTE Quatre hommes sont soupçonnés d’avoir falsifié un procès-verbal après une intervention musclée…

Elisa Frisullo

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Le 2 octobre 2015. Illustration lors d'un opération de police. Franck LODI/SIPA/1510041145
Le 2 octobre 2015. Illustration lors d'un opération de police. Franck LODI/SIPA/1510041145 — SIPA

Entre la version des policiers et celle délivrée par des témoins de la scène, il y a plusieurs éléments qui ne collent pas. Et les images de vidéosurveillance exploitées depuis cette soirée de mai, où un contrôle de police mené à Lyon a dégénéré, ne plaident pas en faveur des fonctionnaires.

Depuis ce mercredi matin, quatre hommes de la Bac (Brigade anti criminalité) sont en garde à vue dans les locaux de l’Inspection générale de la police nationale à Villeurbanne. Tous, dans le cadre d’une enquête pour faux et usages de faux menée par la police des polices, et deux d’entre eux pour des faits de violences.

Des «coups de poing et de pieds» donnés par les policiers

Les policiers sont soupçonnés d’avoir falsifié le procès-verbal rédigé à la suite d’une intervention policière menée en mai dernier sur les berges du Rhône, au niveau du quai Augagneur, dans le 3e arrondissement de Lyon. Ce soir-là, les hommes de la Bac étaient intervenus pour contrôler un groupe qui était en train de manipuler dangereusement la nacelle d’un engin de chantier. L’opération avait dégénéré et conduit à l’arrestation d’un homme, poursuivit pour des violences sur les fonctionnaires.

Jugé à l’époque en comparution immédiate, il avait alors été condamné à de la prison avec sursis. « Il ne conteste pas ces violences, mais cet homme dit qu’il les a commises en réaction. Plusieurs personnes présentes lors de ce contrôle font état de coups de pied et de poing de la part de deux policiers », indique à 20 minutes une source judiciaire. Une version très différente de celle donnée par les policiers dans leur procès-verbal.

Un groupe de 15 personnes mentionné sur le PV

« Les éléments recueillis, que ce soient auprès du plaignant [qui a porté plainte pour violences policières] et les enregistrements de vidéosurveillance, tendent à établir que ce qui a été consigné dans le procès-verbal ne correspond pas à la réalité », ajoute une source proche de l’enquête. Dans le PV signé par les policiers, il est notamment indiqué que la Bac était intervenue à l’encontre d’un groupe d’une quinzaine de personnes au comportement hostile et violent. Des faits qui, là encore, ne correspondraient pas à la réalité.

La garde à vue des hommes de la Bac, décrits comme des fonctionnaires expérimentés, doit durer 48 heures.