La cour d'appel de Lyon examine lundi 5 octobre 2015 l'affaire de l'explosion du cours Lafayette à Lyon, survenue le 28 février 2008.
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La cour d'appel de Lyon examine lundi 5 octobre 2015 l'affaire de l'explosion du cours Lafayette à Lyon, survenue le 28 février 2008. AFP PHOTO / FRED DUFOUR — AFP

JUSTICE

Lyon : Le procès en appel de l'explosion du cours Lafayette s'ouvre lundi

Quatre des cinq entreprises, poursuivies pour blessures et homicide involontaires, avaient été relaxées en première instance...

Les victimes avaient accueilli la décision avec colère et indignation, se disant « horrifiées par la justice ». Le 16 juin 2014, le tribunal correctionnel de Lyon avait à la surprise générale, décidé de relaxer quatre des cinq sociétés, poursuivies dans l’affaire de l’explosion du cours Lafayette. Une décision « scandaleuse » pour les parties civiles ayant depuis fait appel. Tout comme le Ministère public.

Explosion mortelle cours Lafayette à Lyon

La cour d’appel de Lyon va donc se pencher sur le dossier à partir de lundi. Les débats devraient durer deux semaines. Elle devra examiner les responsabilités de cinq sociétés dont Veolia, GRDF ou encore GDF Suez, accusées de « blessures et homicide involontaires ».

Le 28 février 2008, cinq ouvriers travaillant sur un chantier le long du cours Lafayette, avaient arraché une canalisation de gaz, provoquant une importante fuite. Si les pompiers avaient rapidement mis en place un périmètre de sécurité, évacuant les immeubles alentours, le gaz avait tardé à être coupé.

Peu après midi, une violente explosion avait alors retenti au niveau du 117, tuant sur le coup un pompier de 35 ans, enseveli sous une dalle de béton, et blessant une soixantaine de personnes dont une quarantaine de riverains. Sans parler des dégâts matériels.

Les pompiers traumatisés

La cour d’appel devra notamment juger si GRDF a fait une erreur en tardant à fermer les vannes de gaz ce jour-là, comme le souligne l’accusation, ou si GDF Suez a été « négligent » dans la surveillance des travaux. Ce qu’espèrent les victimes du drame. « Il y a eu un mort dans ce drame. La justice n’a pas été rendue en première instance. C’est aberrant », s’indigne Vincent Delattre, président de l’association des victimes. « On attend qu’une condamnation claire soit prononcée et que les gens soient indemnisés », poursuit-il.

« Les victimes ont été confrontées à des compagnies d’assurance qui ont été impitoyables. Beaucoup d’entre elles ont vécu 30 mois en dehors de chez elle. Toutes ont eu leur vie bouleversée. On demande tout simplement que justice soit faite », conclut Vincent Delattre.