Le 8 juin 2011 - Illustration d'un camp de Roms. P.Magnien, / 20 Minutes (archives)
Le 8 juin 2011 - Illustration d'un camp de Roms. P.Magnien, / 20 Minutes (archives) — P.MAGNIEN / 20 MINUTES

INSERTION

Lyon: Un nouveau concept pour intégrer les Roms des bidonvilles

Pour mener à bien son projet, la préfecture a retenu un terrain à Saint-Genis-les-Ollières mais compte sur les collectivités pour trouver d'autres sites...

C’est désormais quasiment certain. D’ici au mois de novembre, Saint-Genis-Les-Ollières devrait compter de nouveaux habitants. Mais nul ne sait encore combien. La préfecture du Rhône a en effet confirmé ce vendredi son souhait de lancer un nouveau programme d’intégration de familles Roms, installées depuis plusieurs années pour certaines, dans trois bidonvilles de Villeurbanne, Saint-Priest et Vaulx-en-Velin. Un projet baptisé IEE pour Intégration par l’Emploi et l’Ecole.

Si ce programme semble bien avancé, la question des sites qui accueilleront ces populations n’est pas totalement tranchée. « Mon choix se porte sur un dispositif éclaté sur deux ou trois sites. Nous avons cherché parmi les propriétés de l’Etat, mais nous n’avons pas encore trouvé de sites adaptés. Nous sommes également preneurs d’autres propositions », a précisé ce vendredi le préfet Michel Delpuech, qui aimerait voir des collectivités s’engager sur le dossier. « Il faut que les élus, dans une dimension républicaine, comprennent la nécessité de cette orientation », a ajouté le préfet, qui a reçu ce vendredi deux propositions de sites.

Des solutions à étudier. Sans quoi, les familles Roms seront sans doute accueillies dans leur globalité à Saint-Genis-les-Ollières sur le site de Chapoly appartenant au Ministère de la Justice. Une éventualité qui est loin de faire l’unanimité dans cette commune huppée de l’Ouest Lyonnais, où le conseil municipal a voté jeudi soir une motion contre ce projet.

Trois cent cinquante personnes dans les bidonvilles

« Je comprends les interrogations mais j’ai noté une grande écoute de la part du maire et du conseil municipal », a ajouté le préfet, déterminé toutefois à concrétiser son projet avant l’hiver. « Il y a dans ces bidonvilles 300 à 350 personnes qui vivent dans des conditions d’insalubrité et d’insécurité qui ne sont pas dignes. Ni pour ces personnes, ni pour l’entourage, ni pour la République. Je veux mettre fin à ces situations qui n’ont que trop durer », a insisté Michel Delpuech, qui s’est engagé à ne faire évacuer les terrains qu’une fois des solutions trouvées pour les occupants.

Les personnes en situations irrégulières seront reconduites à la frontière, les Roms malades ou handicapés seront pris en charge dans le cadre de l’hébergement d’urgence et les familles d’enfants régulièrement scolarisés seront prises en charge dans les communes où l’école des petits est située. Enfin, 150 à 160 personnes volontaires seront prises en charge dans le cadre du projet IEE.

Un accompagnement transitoire jusqu’à l’autonomie

« Ce programme sera contractualisé. Les personnes intégrant le Village IEE devront s’engager à mettre fin à tout comportement illicite (mendicité, prostitution), à intégrer un dispositif de formation pour accéder à l’emploi et à faire scolariser leurs enfants », a précisé le préfet pour l’Egalité des chances Xavier Inglebert. En contrepartie, elles seront hébergées pour trois ans maximum dans un village de mobile-home géré par Habitat et Humanisme et gardiennées, nourries, et seront accompagnées au quotidien jusqu’à leur autonomie. Elles bénéficieront d’un petit pécule de 4 euros par jours par adulte.

Les adultes seront orientés, en premier lieu, vers des métiers en manque de main-d’œuvre et les enfants scolarisés pendant un an dans le village. Ils seront ensuite dispersés dans les différentes écoles du secteur. Dès qu’elles seront prêtes, les familles quitteront le site pour accéder à un logement social. Pour mener à bien ce projet, 3 millions d’euros vont être injectés par l’Etat et l’Europe sur trois ans.