VIDEO. Pour Kevin Rolland, «les caméras embarquées ont révolutionné le freestyle»

SKI FREESTYLE Le champion du monde de half-pipe 2009 présente du 2 au 4 octobre au High Five Festival d’Annecy une spectaculaire course-poursuite à La Plagne en court-métrage…

Propos recueillis par Jérémy Laugier

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Kevin Rolland, ici en pleine épreuve de half-pipe, en février 2013 dans l'Utah (Etats-Unis).
Kevin Rolland, ici en pleine épreuve de half-pipe, en février 2013 dans l'Utah (Etats-Unis). — George Frey/AP/SIPA

A 26 ans, Kevin Rolland se voit comme « un rider complet ». Champion du monde de half-pipe en 2009, ce skieur freestyle sera l’une des attractions du High Five Festival, qui se déroule à Annecy du 2 au 4 octobre, grâce à son nouveau court-métrage Fast Forward. Il décrypte pour 20 Minutes l’essor des disciplines freestyle.

Comment décririez-vous le High Five Festival d’Annecy ?

C’est vraiment LE rendez-vous des skieurs et des fans de ski. C’est à la fois sympa et rare pour le grand public de pouvoir échanger avec les plus grands riders, qui sont tous présents pour montrer leurs films.

Comment êtes-vous justement parvenu à vous impliquer dans un projet artistique ?

J’étais plutôt un compétiteur pur et dur mais j’ai bien aimé sortir du half-pipe pour tourner Fast Forward [la vidéo sera en décembre sur le web]. Avec Julien Regnier, on s’est lancé dans une course-poursuite originale dans le centre de notre station natale, la Plagne. J’ai désormais encore plus envie d’aller vers cette dimension artistique.

Comment se met en place un tel tournage ?

Tout est scénarisé en amont, avec plusieurs spots atypiques déterminés d’emblée dans notre cas. Pour un film de 5 minutes comme celui-ci, nous avons eu besoin de 11 jours de tournage, parfois de 8h à 21h. Nous ne sommes pas des machines et il y a plein de petits détails techniques à corriger.

Y a-t-il malgré cette scénarisation une part d’imprévu ?

Oui, il a des fois fallu écarter des gens pour passer au milieu de terrasses. Ça m’a coûté quelques tournées!

Quand avez-vous compris que vous pourriez vivre de votre passion pour le ski freestyle ?

Je suis passé pro à 16 ans avec l’arrivée de mes premiers sponsors. Les résultats en compétition déterminent les contrats qu’on va obtenir. Mais être compétiteur ne suffit pas dans ces disciplines. On ne peut pas juste être un robot sur des skis. C’est pour ça que j’anime notamment une émission sur MCS Extrême.

Que pensez-vous de ces vidéos de Candide Thovex et Xavier de Le Rue, qui récoltent des millions de vues sur Youtube ?

C’est la preuve qu’on peut médiatiquement être à l’apogée de sa carrière même en ne disputant plus de compétitions de haut niveau. Prendre de l’âge n’empêche pas la créativité et le talent. Quand Usain Bolt ne participera plus aux plus grands championnats, sa carrière sera terminée. Il ne va pas faire de vidéos de course à pied… Nous avons la chance d’avoir des disciplines très visuelles et cela monte en puissance depuis l’arrivée des GoPro. Les caméras embarquées ont révolutionné et démocratisé le freestyle. On est loin des vieux caméscopes de mon adolescence !