Rhône: Inquiétude à Saint-Genis-les-Ollières autour de l'arrivée probable de 160 Roms

INTÉGRATION La préfecture prévoit de réunir sur un site de la commune des familles vivant aujourd’hui dans des bidonvilles…

Elisa Frisullo

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Le 02 septembre 2012. Illustration d'un camp de Roms. Vincent Wartner/ 20 Minutes (archives).
Le 02 septembre 2012. Illustration d'un camp de Roms. Vincent Wartner/ 20 Minutes (archives). — Vincent Wartner / 20 Minutes

En imaginant ce projet d’intégration, la préfecture du Rhône s’était sans doute préparée à devoir convaincre et à faire face à des oppositions. Elle ne s’était pas trompée. Mais le message de solidarité et de vivre ensemble risque d’être plus difficile que prévu à faire passer.

Ce jeudi, à 19 heures à la salle des fêtes, le maire DVD de Saint-Genis-les-Ollières Didier Crétenet a convoqué un conseil municipal extraordinaire consacré à l’accueil de 160 Roms sur la commune envisagée par le préfet du Rhône Michel Delpuech.

Sur un terrain à vocation sociale

Un projet présenté récemment à la municipalité DVD qui, dans cette petite bourgade cossue de l’Ouest Lyonnais, fait grincer des dents. « Selon ce qui nous a été présenté, ces familles qui vivent aujourd’hui dans des bidonvilles illégaux de l’agglomération lyonnaise seraient hébergées dans des mobile-homes sur le site de Chapoly, un terrain de 6 hectares appartenant au ministère de la justice. Cela s’inscrit dans le cadre d’un projet d’intégration », indique Anthony Paquien, directeur de cabinet du maire de Saint-Genis-les-Ollières.

Pour s’opposer au souhait du préfet, des habitants et commerçants se sont réunis vendredi dernier à l’entrée du site pour s’opposer à la venue des familles Roms. Le projet suscite d’autant plus l’inquiétude que ce site abrite déjà depuis plusieurs années 85 réfugiés politiques accompagnés par Forum Réfugiés et une dizaine de jeunes délinquants.

La mairie craint un rejet et une montée des extrêmes

« Cela va faire 260 personnes sur ce site pour une population de 4.500 habitants. Nous comprenons qu’il faille faire des efforts de solidarité mais il faut que cela soit raisonnable. Là, on est dans une disproportion énorme. On va devoir faire face à une vraie problématique d’intégration », ajoute le directeur, qui craint un fort rejet de la population et « une montée des extrêmes ».

Pour rassurer la population, la préfecture a prévu une réunion publique le 13 octobre. « Nous comprenons que ce ne soit pas évident. Nous allons leur expliquer de manière pédagogue ce projet d’intégration imaginé autour de l’emploi et de l’Education », indique la préfecture, déterminée à mettre fin au plus vite aux conditions de vie insalubres de ces familles Roms. Une population parmi laquelle figure une centaine d’enfants.

Fin octobre, début novembre, selon le calendrier imaginé par la préfecture, les occupants des bidonvilles de Villeurbanne, Saint-Priest et Vaulx-en-Velin, pourraient ainsi être logés dignement.