Lyon: La gestion des Subsistances épinglée par la Chambre régionale des comptes

CULTURE La juridiction administrative pointe du doigt de multiples irrégularités dans la gestion de cette structure associative...

Elisa Frisullo
— 
Lyon, le 29 septembre 2015. Les Subsistances font partie des instaitutions culturelles Lyonnaises. Le site accueille tout au lon de l'année des résidences d'artistes.
Lyon, le 29 septembre 2015. Les Subsistances font partie des instaitutions culturelles Lyonnaises. Le site accueille tout au lon de l'année des résidences d'artistes. — Elisa Frisullo / 20 Minutes

Aux Subsistances, haut lieu du spectacle vivant reconnu bien au-delà des frontières de la région, la création et la production artistiques passent avant tout. Y compris, selon un rapport de la Chambre régionale des comptes (CRC) dévoilé mardi, sur la rentabilité et la gestion financière et administrative.

La juridiction, qui a passé au crible, sur les exercices 2008- 2013, les comptes et la gestion de l’association « Les nouvelles Subsistances », chargée depuis 2003 de ce « laboratoire internationale de création artistique », pointe du doigt de multiples « irrégularités ».

Une fréquentation surévaluée ?

Parmi elles, figure le manque de transparence des Subsistances dans la sélection des artistes accueillis gracieusement en résidence, dont beaucoup « bénéficient d’un accueil récurrent ». « Je réfute l’opacité dans les choix et tout copinage, s’insurge le directeur artistique des lieux, Guy Walter. La programmation est discutée en amont au conseil d’administration et présentée au public, et à nos tutelles [Drac, ville de Lyon et Région] ».

La Chambre estime également que la fréquentation annuelle du lieu de diffusion est largement « surestimée », passant de 17.000 spectateurs en 2013/2014, selon le rapport, lorsque les Subs revendiquent 40.0000 spectateurs annuels. Alors forcément, lorsqu’il s’agit de calculer le coût direct d’un spectacle par rapport à ce qu’il rapporte, le compte n’y est pas.

Pour la saison 2012-2013, ce coût a été 16 fois plus élevé que la recette engrangée, selon la CRC. Là encore, la direction des Subs s’agace. « Le magistrat n’a compté que les billets vendus. Mais nous accueillons également beaucoup de public lors de chantiers, de rencontres avec les artistes et lors de pratiques amateurs. Ce sont aussi des spectateurs », indique la directrice déléguée Cathy Bouvard.

Un lieu largement soutenu par les subventions

Sur le rôle prépondérant de la direction dans la gestion des lieux, le statut particulier de Guy Walter, également à temps plein à la Villa Gillet pour un salaire mensuel de 9.500 euros, ou encore sur l’insuffisante transparence de l’association sur ses activités, le directeur, là encore, s’inscrit en faux.

« L’avis de la Chambre régionale des comptes est précieux lorsqu’il souligne des fonctionnements administratifs ou financiers qui ne sont pas assez rigoureux. Nous devons notamment améliorer nous statuts et aurions dû monter un comité de suivi avec la ville de Lyon. Mais les jugements idéologiques sur ce que l’on fait ne sont pas bienvenus », estime Guy Walter, rappelant la rareté et la singularité des Subs. Un lieu « qui fonctionne, a trouvé son public et n’est pas là pour faire de la rentabilité ».

Le budget annuel des Subs repose à 90 % sur des subventions, versées essentiellement par la mairie de Lyon (3,1 millions en 2013), dont le contrôle est insuffisant, selon la CRC. Suite au rapport, la municipalité s’est engagée à davantage contrôler la structure associative, essentielle sur le territoire selon l'adjoint à la Culture Georges Képénékian, qui s'est exprimé sur ce sujet lundi, en conseil municipal. «Par leur action, les Subsistances jouent aujourd’hui un rôle majeur dans les réseaux de création en France, par l’aide apportée aux artistes d’avant-garde (...) L’association a pris note des point soulignés par le rapport et a commencé à mener une réflexion sur les évolutions à prendre en compte», a-t-il assuré.

L’association assure, en effet, qu’elle est prête à revoir ses statuts, à mettre en place un comité de pilotage avec les collectivités la subventionnant et à être plus précise dans les rapports d’activité et de fonctionnement fournis à la Ville.