En quoi le conseil national de la Montagne peut-il changer l'avenir de certaines communes ?

ENVIRONNEMENT Il se déroule ce vendredi à Chamonix. L'objectif : trouver des solutions pour améliorer le quotidien des habitants ...

Caroline Girardon

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Vu depuis le sommet de la station de Superbagnres sur la cha”ne des PyrŽnŽes.
16/03/09
SuperbagnŽres
FrŽdŽric Scheiber
Vu depuis le sommet de la station de Superbagnres sur la cha”ne des PyrŽnŽes. 16/03/09 SuperbagnŽres FrŽdŽric Scheiber — FrŽdŽric Scheiber/20Minutes

Il a promis de faire des annonces. Manuel Valls, Premier Ministre se rendra vendredi à Chamonix pour présider le Conseil National de la Montagne auxquels participeront de nombreux élus. Il doit présenter « une feuille de route pour la reconnaissance de la montagne ». L’occasion de comprendre les enjeux de ce rendez-vous.

Qu’est-ce que le conseil national de la montagne ?

Il a été instauré en France par la Loi montagne de 1985, relative au développement à la protection des montagnes. Le conseil, présidé par le Premier ministre français a un rôle bien précis : définir et porter les objectifs, ainsi que de préciser les actions qu’il juge souhaitables pour le développement, l’aménagement et la protection de la montagne.

Qui est concerné ?

6.000 communes « de montagne » dont l’altitude est au-dessus de 600 mètres et dont la pente est supérieure à 15 % sont concernées. Mais pas seulement. Toutes les communes incluses dans le « zonage massif » comme celles situées dans le massif corse ou jurassien par exemple sont également touchées. Cela représente plus de dix millions d’habitants, soit près de 15 % de la population française.

En quoi ce rendez-vous est-il important ?

Pendant plusieurs mois, les députées Bernadette Laclais et Annie Gennevard ont tâté le pouls des communes de montagnes, sondant les maires et les élus sur la réalité de ce qu’ils vivent au quotidien. Elles ont rédigé un rapport, publié le 3 septembre. Le verdict est implacable : « La vie des habitants permanents reste parfois difficile », observent-elles.

« La difficulté géographique, l’isolement, la saisonnalité, le type d’activités économiques, ou encore les évolutions démographiques et culturelles… ont tendance depuis des années à éroder l’accès aux services en montagne », note Bernadette Laclais.

Manque de transports, absence de réseaux numériques, rareté des médecins, fermeture d’école ou d’usine, dégradation du service public, manque de logements sociaux… Les problèmes rencontrés sont nombreux.

« La montagne ce n’est pas que les vacances au ski et la fondue autour de la table », rappelle Eric Fournier, le maire de Chamonix. « Comment expliquer que je ne bénéficie de certaines aides à la construction de logements alors que 80 % de la population est éligible au logement social ? » s’interroge-t-il. « Nos communes semblent démesurément riches mais elles sont au contraire dans un état difficile. »

Les deux députées ont ainsi formulé une trentaine de propositions concrètes et diverses visant à améliorer la vie dans les communes de montagne et « à pouvoir répondre aux défis de demain ».

Qu’attendent les communes concernées ?

La « reconnaissance » avant tout. « On a l’impression que la spécificité de nos territoires n’est pas reconnue comme elle devrait l’être », répond Eric Fournier. « Il s’agit de faire entendre nos voix. Nous avons des attentes très fortes », enchaîne l’élu. « Nous avons besoin d’un geste fort de l’Etat. »