Lyon: Le premier rassemblement de roux de France

SOCIETE L'apé'roux, dédié aux rouquin(e)s, a été organisé en marge des journées du patrimoine...

Caroline Girardon
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Lyon, le 20 septembre 2015
En marge des journées du patrimoine, le premier Apé'Roux de France a été lancé à Lyon, invitant tous les rouquins à partager un moment de convivialité
Lyon, le 20 septembre 2015 En marge des journées du patrimoine, le premier Apé'Roux de France a été lancé à Lyon, invitant tous les rouquins à partager un moment de convivialité —

Un apéro ? Non, un « apé’roux ». Après avoir initié les soirées pour les rouquin(e) s chaque premier lundi de mois, Gérald Marchal, livreur de quenelles de profession, et Alice, pétillante serveuse anglaise, ont lancé dimanche le premier « apé’roux » de France, en marge du festival Jazz sur les places. Le rendez-vous était donné place Benoît Crépu dans le Vieux-Lyon.

Lyon : Ils lancent des soirées pour les roux !

Et le thème n’a pas manqué d’interpeller Kevin, 30 ans. « J’étais curieux de voir un rassemblement avec uniquement des personnes rousses. » Sauf que les rouquins, tant attendus, se sont montrés assez discrets dans la matinée. Qu’importe le jeune homme a pu échanger avec une dizaine de « collègues » dont Nicole, 75 ans, probablement la doyenne de l’événement.

« J’ai trop souffert quand j’étais petite », lâche la pimpante septuagénaire. Ce rassemblement pour elle, c’était surtout une façon d’échanger et de nouer des contacts entre gens de chevelure flamboyante. Des victimes de « racisme capillaire », qui comme elle, ont subi des humiliations, étant enfant.

« Les brimades allaient loin »

« Les brimades allaient loin, confesse-t-elle. L’un de garçons de ma classe m’avait cinglé les jambes en hurlant "La Rouquine" ! Résultat : je ne voulais plus aller à l’école ». « Pour me réconforter, l’institutrice m’a avoué qu’elle payait des sommes folles chez le coiffeur pour obtenir la même couleur de cheveux que moi, poursuit-elle. Mais rien ne pouvait me consoler. J’étais traumatisée. »

Un témoignage auquel Dominique, 68 ans, a prêté une oreille attentive. « Moi aussi, j’ai traversé des années de galère. Je me sentais comme une albinos », raconte-t-elle. « Même ma mère pouvait être blessante. Elle disait à propos de nous : "j’ai trois enfants et une rouquine" ».

Ces dames ont dû attendre d’avoir la vingtaine pour gagner en assurance et pour que le roue tourne. « Je les ai longtemps maudits ces cheveux mais ensuite, ils ont fait des ravages », éclate de rire Nicole. « Lorsque j’étais en âge d’aller au bal, je parvenais à me faire inviter par les cavaliers de toutes celles qui s’étaient souvent moquées de moi. Je tenais ma vengeance », dévoile-t-elle malicieusement.

Embauchée grâce à ses cheveux

Dominique, elle a été employée au sein d’une grande maison de couture parisienne, grâce… à ses cheveux ! « Le styliste, qui était roux, m’a demandé lors de l’entretien d’embauche, si j’arrivais à bronzer l’été ! Evidemment, non. J’étais surprise de cette question mais c’est comme ça que j’ai été embauchée », raconte-t-elle.

« Cet homme vouait un fétichisme aux rousses. Il n’a même pas regardé mon CV et tout ce que j’avais préparé pour le convaincre. C’était un hasard incroyable. »

Bientôt une association ?

Si Stéphanie, 32 ans, avoue avoir été la cible de nombreuses moqueries, Kevin reconnaît ne pas avoir été traumatisé. « Je me suis souvent fait chambrer mais j’avais des amis qui ont su trouver la limite », explique-t-il. Ses cheveux, une plaie ? « Cela a forgé mon caractère », sourit le jeune homme qui a décidé de ne pas passer inaperçu. « Je joue sur le look désormais », résume celui qui a opté pour le chignon et la barbe de hipster.

Les organisateurs envisagent de créer une association en faveur des roux et d’augmenter le nombre de rendez-vous pour les roux en France afin de filmer les soirées et partager les vidéos en direct sur Internet.