Ligue des champions: «L’OL a l’obligation de se qualifier», estime Sidney Govou

INTERVIEW L'ancien attaquant des Bleus était de la première campagne de Ligue des champions de l'OL en 2000-2001... 

Propos recueillis par Jérémy Laugier

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Sidney Govou avait explosé aux yeux du grand public le 7 mars 2001 avec un retentissant doublé face au Bayern Munich (3-0).
Sidney Govou avait explosé aux yeux du grand public le 7 mars 2001 avec un retentissant doublé face au Bayern Munich (3-0). — GERARD MALIE / AFP

Du haut de ses 71 matchs de Ligue des champions avec l’OL, Sidney Govou est un témoin privilégié, au moment où le club lyonnais s’apprête à retrouver l’épreuve reine mercredi (20 h 45) à Gand. L’ancien attaquant des Bleus se confie à 20 Minutes.

Estimez-vous qu’on puisse comparer la première participation de l’OL en Ligue des champions (en 2000-2001) à cette nouvelle aventure du club, qui débute à Gand mercredi ?

Je ne trouve pas vraiment. On avait une équipe un peu plus âgée que la leur, avec notamment Sonny (Anderson) qui venait de Barcelone, et Philippe Violeau qui avait déjà disputé la Ligue des champions avec Auxerre. Ce qui change surtout, c’est que les joueurs actuels ont vu cette épreuve à Lyon par le biais de notre génération. Nous n’avions de notre côté aucune idée préconçue. Aujourd’hui, le club a hâte de retrouver cette compétition (après trois saisons sans C1).

A titre personnel, dans quel état d’esprit étiez-vous pour vos premiers pas dans cette épreuve reine, à seulement 21 ans, le 12 septembre 2000 face à Heerenveen (3-1) ?

Je ne savais pas grand-chose de cette compétition, si ce n’est que Marseille l’avait remportée (en 1993). Au final, je n’avais pas beaucoup joué cette saison-là. Mais une fois qu’on a goûté à la Ligue des champions, on a envie de la jouer tout le temps.

Il y a tout de même eu cette année-là l’incroyable doublé contre le Bayern Munich (3-0) ?

C'était ma première titularisation en C1, mais je n’avais pas de stress. J’étais le roi du monde à ce moment-là, mais deux semaines après, les regards étaient étroits me concernant après ma balle de qualification manquée à Moscou (1-1).

Les conditions semblaient épouvantables ce jour-là…

C’est la première et dernière fois que j’ai vu ça. C’était un terrain avec des copeaux de bois peints en vert pour faire croire à une pelouse !

Vous aviez pour partenaire cette année-là Steed Malbranque, qui sera dans le groupe face à la Gantoise, quinze ans plus tard…

C’est bien pour lui de revivre ces moments. Steed a toujours été quelqu’un de sérieux qui aime le foot. La longévité se joue surtout dans la tête.

Quels sont vos meilleurs souvenirs dans cette compétition où vous avez disputé au total 71 matchs avec l’OL ?

J’ai aimé notre qualification à Glasgow (0-3 lors de l’édition 2007-2008) car ce n’était pas une mince affaire de l’emporter là-bas.

Comment pensez-vous que les jeunes Lyonnais vont vivre cette saison de la confirmation ?

La saison s’annonce plus difficile que la précédente. Et ce d’autant qu’on ne remplace pas un joueur comme Fekir comme ça. La pression du mercredi est nouvelle pour eux. La Ligue des champions, c’est autre chose.

Les Lacazette, Tolisso et Ferri sont-ils capables d’y élever leur niveau de jeu ?

En tout cas, c’est dans cette compétition qu’on voit les grands joueurs. Ils viennent tous de changer de statut. L’argent ne fait pas devenir meilleur, ça, c’est sûr. L’idée est de mettre les joueurs dans les meilleures dispositions. Sans savoir qui a tort ou raison, je n’ai pas été fan de la communication du club cet été.

Auriez-vous aimé avoir une poule comme celle qu’a l’OL cette saison ?

Disons qu’il n’y aura pas de match de prestige qui rendra le public plus indulgent si ça se passe mal. Quelque part, l’OL a l’obligation de se qualifier dans ce groupe.