Rhône-Alpes: La grève chez Prosegur commence à mettre à sec des distributeurs de billets

SOCIAL Les salariés protestent contre le retrait d'une prime datant de plus de 20 ans...

20 Minutes avec AFP

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Illustration d'un distributeur de billets
Illustration d'un distributeur de billets — Fred Tanneau afp.com

Depuis ce lundi matin, les entrées des sites sont bloquées par des piquets de grève empêchant toute entrée ou sortie de camions de transports de fonds. Les salariés des trois sites du convoyeur Prosegur Transport de Valeur, basé à la Talaudière, dans la Loire, ont en effet décidé de poursuivre leur mobilisation entamée jeudi dernier pour protester contre le retrait d’une prime qui leur était versée depuis vingt ans.

« Après une suspension dimanche, jour où cette activité est interdite, le mouvement est à nouveau suivi par tous les convoyeurs », qui représentent plus de la moitié des 300 salariés des sites de La Talaudière, Lyon et Valence, explique Grégory Hourdoux, délégué syndical CGT de PTV.

Un gros manque à gagner pour les salariés selon les syndicats

Cette mobilisation commence à peser sur l'alimentation des distributeurs dans les neuf départements (Rhône-Alpes principalement) couvert par le groupe espagnol.« Au cinquième jour de notre mouvement, de nombreux distributeurs de billets sont vides (…) nous demandons simplement à négocier dans des conditions normales », indique pour sa part Marc Desnus, délégué syndical Sud de PTV.

Les représentants syndicaux CGT et Sud ont exprimé ce week-end leur refus des modalités de négociation proposées par le directeur général transports de fonds de Prosegur France, Philippe Gossart, qui exigeait comme préalable une levée partielle des piquets de grève. « La direction nous dit qu’elle nous versait pas erreur depuis vingt ans un surplus de primes dans nos indemnités de congés payés (…) c’est un usage de l’entreprise sur lequel nous ne voulons pas qu’elle revienne », ajoute Grégory Hourdoux. Et d’ajouter que sur le bulletin du paie du mois d’août, les salariés ont eu la désagréable surprise de découvrir dernièrement « un manque à gagner de 200 à 300 euros, suivant l’ancienneté ».

Une prime doublée chaque année par erreur depuis 20 ans

Dans un communiqué, Prosegur évoque une « erreur dans le calcul des indemnités de congés payés », qui l’a conduit à « payer deux fois certaines primes depuis plusieurs années ». Le groupe souligne qu’il « n’est pas revenu sur le versement indu de la prime doublée pendant les années précédentes, alors que le droit autorise à le faire sur les trois dernières années ». Il « déplore l’attitude des grévistes », qu’il évalue à « environ un tiers du personnel (…) qui bloquent les entrées des sites et empêchent les non-grévistes de travailler ».