Roanne : Rassemblement contre la décision du maire de n'accueillir que des chrétiens

POLÉMIQUE Trois cents personnes se sont réunies pour dénoncer une discrimination faite aux réfugiés...

E.F. avec AFP

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Le député UMP et président de L'Agence française de l'adoption Yves Nicolin, le 7 novembre 2007 à Paris.
Le député UMP et président de L'Agence française de l'adoption Yves Nicolin, le 7 novembre 2007 à Paris. — HERMINIE PHILIPPE/AFP

Ils se sont réunis pour dénoncer une décision discriminatoire, selon eux. Mercredi, en fin de journée, trois cents personnes se sont rassemblées devant l'Hôtel de Ville de Roanne pour protester contre la volonté du député maire Les Républicains Yves Nicolin de n'accueillir que des migrants chrétiens. « Il n’est pas question de dire, je ne veux que les chrétiens ou que les musulmans. C’est une question de sécurité. On est dans l’urgence. Et ceux pour lesquels on aura le plus rapidement une analyse, ce sont les chrétiens. On a la quasi-certitude qu’ils ne seraient pas infiltrés par d’éventuels membres de Daesh», avait déclaré lundi à 20 minutes le maire de la ville.

«Limiter cet accueil aux demandeurs d'asile chrétiens, c'est inacceptable! Laisser entendre que ceux qui ne seraient pas de confession chrétienne seraient susceptibles d'être terroristes, c'est une attitude discriminatoire», a déclaré l'ex-maire socialiste Laure Deroche.

Des propos insultants, inhumains, selon les manifestants

Au cours de ce rassemblement, tenu «dans une ambiance sereine», à l'appel notamment du Parti de Gauche, la CGT, la Ligue des droits de l'Homme, le PCF et Unsa Education, une déclaration «Pour la dignité humaine» a été lue par un responsable de la LDH, Daniel Boitier. Les propos du maire sont «inhumains, discriminatoires, insultants, anti-constitutionnels, anti-républicains et indignes d'un élu de la République(...). C'est la conscience républicaine qui est atteinte, celle de la patrie de Droits de l'Homme», dénoncent les signataires qui «appellent à ce que les réfugiés soient accueillis à Roanne sans distinction aucune».

«On en oublie complètement les principes fondamentaux de la laïcité et de l'humanisme», a déploré pour sa part Dominique Furnon, secrétaire départemental du syndicat UNSA.
 

Charvieu-Chavagneux va encore plus loin

En Isère, la décision du conseil municipal de Charvieu-Chavagneux relative à l'accueil des migrants a également provoqué de vives réactions mercredi. Dans le texte, la commune, dirigée par le maire divers droite Gérard Dézempte se dit prête à accueillir des réfugiés, mais «à la condition expresse que ce soit une famille chrétienne», car les chrétiens «ne procèdent pas à la décapitation de leur patron».

Pour justifier ce choix, la ville, située à 16 km de Saint-Quentin-Fallavier, où Yassin Salhi a tenté de faire exploser une usine après avoir décapité son employeur le 26 juin, affirme «que les chrétiens ne mettent pas en danger la sécurité d'autrui». «Qu'ils n'attaquent pas les trains armés de kalachnikov, qu'ils n'abattent pas des journalistes réunis au sein de leur rédaction et qu'ils ne procèdent pas à la décapitation de leur patron comme nous l'avons vu à quelques kilomètres de notre commune».