Lyon: «La saison passée, les filles ne pensaient pas au basket», regrette Milica Dabovic

BASKET FEMININ L'arrière serbe, qui a battu la France en finale du dernier Euro en juin, nourrit de belles ambitions avec Lyon Basket. D'autant plus qu'elle garde encore la saison passée en travers de la gorge...

Propos recueillis par Jérémy Laugier

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Milica Dabovic, lors d'un entraînement la semaine passée dans la salle lyonnaise de Mado-Bonnet.
Milica Dabovic, lors d'un entraînement la semaine passée dans la salle lyonnaise de Mado-Bonnet. — J.Laugier/ 20 Minutes

En deux mois, Milica Dabovic est passée d’une saison très frustrante à Lyon (seulement 12e sur 14) à un rôle de capitaine lors de l’inattendu premier sacre européen de la sélection serbe. Le 28 juin, l’arrière de Lyon Basket s’est même permis de battre (76-68) l'équipe de France en finale à Budapest. Elle revient pour 20 Minutes sur ce colossal exploit ainsi que sur la nouvelle saison en Ligue, qui débutera le 27 septembre face à Villeneuve d’Ascq.

Auriez-vous souhaité que les célébrations vécues en Serbie suite à votre titre européen ne s’arrêtent jamais ?

Oui, bien sûr. Pour moi, chaque jour est une aventure mais celle-ci était vraiment spéciale. Même s’il me reste encore les JO de Rio, mon rêve de basketteuse est devenu réalité.

Était-ce la pure folie à Belgrade, à partir de ce fameux 28 juin ?

A chaque fois que j’en parle, j’ai envie de pleurer. Ce sentiment restera à jamais en moi. Les gens ne pourront jamais acheter ce que j’ai ressenti ce jour-là. Quand nous étions au balcon, il y avait environ 15.000 personnes qui n’étaient là que pour nous.

Vous ne faisiez pourtant clairement pas partie des favorites de la compétition…

Le truc, c’est qu’aucune joueuse n’attendait ça. Mais on était toutes soudées et on n’a jamais abandonné. Nous formions une grande famille et la médaille d’or a récompensé ça. Jamais nous n’aurions imaginé gagner une médaille.

Battre la France en finale a-t-il un moment particulier pour vous ?

Bien sûr, c’était spécial pour la coach Marina (Maljkovic) et moi. Je me sens heureuse à Lyon, c’est comme ma deuxième maison ici. C’était incroyable de battre ces joueuses françaises qui sont de vraies stars. C’était flippant de les affronter mais nous avons comme toujours laissé notre cœur sur le terrain. A ce moment-là, on se foutait de qui était face à nous. Même contre les Etats Unis, on aurait fait la même chose. Quand tu te bats, personne ne sait ce qui peut se passer.

Lyon Basket doit-il s’inspirer de votre exploit pour comprendre que les meilleures joueuses ne sont pas toujours récompensées ?

Bien sûr, c’est l’équipe avec la meilleure alchimie qui l’emporte. Avec Lyon, on doit se battre pour finir entre la première et la sixième place du championnat.

Êtes-vous certaine de ne pas revivre une saison aussi difficile que la précédente (12e sur 14 en Ligue) ?

Oh oui, cette saison avec autant de défaites m’a déprimée. J’ai toujours été une leader mais je ne pouvais pas tout faire toute seule. Là, je vois que les joueuses se battent déjà. Ce n’était pas le cas la saison passée. Les filles ne pensaient pas au basket mais à plein d’autres choses. Je crois en ce groupe, notamment avec nos nouvelles intérieures (les Américaines Lauren Ervin et Latoya Williams).

Marina Maljkovic peut-elle réussir à autant fédérer les joueuses à Lyon qu’en Serbie ?

C’est une tout autre mentalité ici. Marina nous pousse très loin en sélection et sans elle, nous n’aurions pas remporté ce titre. A Lyon, il faut que les douze joueuses ne se contentent pas de l’entendre mais qu’elles l’écoutent.