Ligue 1: L’ASSE se met le Chaudron à dos

FOOTBALL Les Verts ont péniblement battu (2-1) dimanche le SC Bastia, pourtant réduit à neuf...  

À Saint-Etienne, Jérémy Laugier

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Victime d'une entorse de la cheville, Kévin Téophile-Catherine a dû terminer le match contre Bastia en boitant.
Victime d'une entorse de la cheville, Kévin Téophile-Catherine a dû terminer le match contre Bastia en boitant. — JEAN-PHILIPPE KSIAZEK / AFP

Rarement le Chaudron n’a à ce point sifflé son équipe après une victoire (2-1 face à Bastia). Malgré deux expulsions contestables côté corse (Djiku à la 4e puis Kamano à la 73e), les Verts ne sont jamais parvenus à se mettre à l’abri dimanche. « On a mal joué des coups mais on n’a pas été plus en danger que ça, constate le capitaine stéphanois Loïc Perrin. En sifflant, le public nous a forcés à aller de l’avant alors que ce n’était pas forcément le jeu. »

Une prudence offensive qui n’était clairement pas du goût des 26.249 spectateurs, déjà un peu frustrés par les difficultés affichées en Ligue Europa jeudi face aux Moldaves de Milsami (1-0). « Nous ne sommes pas le Real Madrid, rappelle Fabien Lemoine. Si on fait 800 passes et 50 passements de jambes et que nous perdons, nous nous ferons aussi siffler. »

Lemoine : « Ces sifflets sont même déstabilisants pour certains joueurs »

L’ancien milieu rennais était particulièrement remonté contre l’ambiance dans le Chaudron dimanche, alors que l’ASSE, qualifiée en Ligue Europa, compte tout de même sept points en quatre journées de L1. « Plus le club avance et plus les gens sont exigeants. Ces sifflets sont vraiment énervants et ils sont même déstabilisants pour certains joueurs », pointe Fabien Lemoine, victime d’une élongation à la cuisse contre Bastia. Bahebeck (parti d’urgence à l’hôpital après avoir ressenti une gêne thoracique en première mi-temps), Hamouma (élongation), Téophile-Catherine (entorse à la cheville) et Assou-Ekotto (déchirure) ont eux aussi été touchés.

« Je comprends les sifflets car les gens ne pouvaient pas savoir ce qu’il se passait exactement, explique Christophe Galtier. Nous avons disputé notre huitième match en août, soit deux fois plus que notre adversaire du jour. Aujourd’hui, on a joué avec les armes et l’énergie qui restaient ». Marqué par cette avalanche de pépins physiques sous 30 degrés, l’entraîneur de l’ASSE a tenu à bichonner ses supporters : « Notre public est sûrement le meilleur en France ». Dimanche, ses joueurs ne partageaient pas vraiment son avis.