Hommage militaire à Norbert Ambrosse

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Du haut de ses 11 ans, Paul Ambrosse est resté digne face au cercueil de son père. Hier, au milieu de l'immense cour silencieuse de la caserne Raby à Bron, ce petit bonhomme a écouté avec attention Nicolas Sarkozy. Le président a nommé Norbert Ambrosse chevalier de la légion d'honneur à titre posthume, au cours d'une cérémonie militaire organisée en son hommage. Promu lieutenant-colonel hier matin, ce chef d'escadron âgé de 38 ans a été abattu dimanche par un homme qui semblait vouloir dérober des armes dans un stand de tir, à Saint-Andéol-le-Château dans le Rhône.

En prenant Paul comme témoin de cet ultime salut, Nicolas Sarkozy a ému le millier de gendarmes, d'élus et de proches présents à ces honneurs militaires très protocolaires. « Reposez en paix, lieutenant-colonel Norbert Ambrosse. Nous ne vous oublierons jamais. Pour la simple raison que nous n'en avons pas le droit », a souligné le président accompagné des ministres de l'Intérieur et de la Défense, Michèle Alliot-Marie et Hervé Morin. De nombreux Saint-Cyriens de la promotion « Général Guilaume » (1990-1993), dont était issu Norbert Ambrosse, avaient également fait le déplacement. Après avoir servi à Orange (Vaucluse) et au Liban, le gendarme avait été affecté en Corse. Il avait été condamné en 1999 à six mois de prison ferme pour avoir mis le feu à la paillote « Chez Francis » près d'Ajaccio, sur ordre du colonel Mazères. Marié et père de quatre enfants âgés de 3 à 12 ans, le lieutenant-colonel aurait dû, le jour de son décès, fêter les 3 ans de sa benjamine.

cercueil Les militaires qui portaient le cercueil de Norbert Ambrosse étaient sous ses ordres lors de l'intervention de Saint-Andéol. Nicolas Sarkozy l'a décrit comme « un chef aimé et respecté ».