Leroy dame le pion à Lewis Carroll

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Il s'appelle Leroy, mais pourrait occuper la case du fou. Après huit années d'une quête obsédante, Christophe Leroy, 39 ans, président du comité d'échecs du Rhône, pense avoir mis fin au mystère d'une partie d'échec décrite il y a 136 ans par Lewis Carroll dans le roman De l'autre côté du miroir et ce qu'Alice y trouva, la suite du fameux Alice aux Pays des Merveilles. Vêtu du costume blanc du romancier anglais, il a présenté pour la première fois, samedi au parc de Lacroix-Laval, sa théorie sur cette partie qui défiait jusque-là toutes les règles admises.

C'est en 1999, après avoir vu une exposition sur l'écrivain que ce salarié du club Lyon-Echecs décide de s'intéresser à cette partie. Considérée comme « incohérente » par les scientifiques, elle s'achève pourtant par un échec et mat dans les règles. Pour résoudre l'énigme, Christophe Leroy a fait appel à des littéraires, des ethnobotanistes, un professeur d'anglais. Il s'est surtout imprégné de l'univers de Carroll, dont le chiffre fétiche était le 42. « Je me réveillais tous les matins à 5 h 42 ou à 6 h 42. C'était devenu obsessionnel et insupportable. J'ai parfois eu l'impression d'être un pion de Lewis Carroll. Ma famille pensait que j'étais tombé dans une secte », raconte Christophe Leroy. Un récent voyage à Oxford et à Londres lui a permis de décoder les trois derniers coups. Selon lui, cette partie est une traduction de la vie amoureuse de Lewis Carroll. Aujourd'hui soulagé, il a prévu de se rendre en Angleterre en novembre pour présenter sa théorie à la fondation Lewis Carroll et la faire valider.

roman Dans De l'autre côté du miroir, Alice voyage dans un pays structuré à la façon d'un échiquier. Elle finit par atteindre la huitième case et devient reine. Licence poétique ou vraie partie ? Jusqu'ici, les experts optaient pour la première hypothèse...