Grenoble: «On va baisser les tarifs des transports en commun en septembre», annonce Eric Piolle

POLITIQUE Le maire EELV de la préfecture de l'Isère était l'invité de la matinale de France Inter ce mercredi...

David Blanchard

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Le maire de Grenoble Eric Piolle le 25 novembre 2014
Le maire de Grenoble Eric Piolle le 25 novembre 2014 — Jean-Pierre Clatot AFP

Invité ce mercredi de la matinale de France Inter, le maire de Grenoble Eric Piolle (EELV) a balayé plusieurs sujets d’actualité, en commençant par l’évacuation d’un bidonville qui a lieu tôt ce mercredi matin dans sa ville. Voici ce qu’il fallait retenir de son interview.

« Je l’ai annoncée il y a deux mois. Ce sont des conditions de vie inhumaines. Il n’y a pas de fatalité aux plus de 400 bidonvilles qui existent actuellement en France. On ne doit pas se résoudre à les voir revenir comme dans les années 1960. On n’a pas voulu agir pendant la période scolaire [pour ne pas perturber la scolarisation des enfants], et on a discuté avec la préfecture et le gouvernement pour avoir des solutions d’hébergement. Personne ne dormira dehors. »

« Il faut un changement du modèle agricole. D’un côté, il y a le modèle de l’agriculture subventionnée dont le président de la FNSEA est le représentant, avec une augmentation de la taille des exploitations et de moins en moins d’agriculteurs, et de l’autre une agriculture de proximité et de qualité. C’est vers cela qu’on veut aller. A Grenoble, on est passé de 20 à 50 % de nourriture bio et locale dans les cantines scolaires. Ça marche. Idem pour la restauration d’entreprise. Notre objectif, c’est 100 %. Les exportations croisées entre l’Allemagne et la Grande-Bretagne ou l’Allemagne et l’Espagne, qui font les mêmes volumes des mêmes produits n’a pas de sens. Ce sont des crises systémiques. Il faut redonner du sens au travail des agriculteurs, qui sont devenus prisonniers d’industriels chimiques. »

« Les finances de Grenoble restent dans une situation délicate. La taxe foncière est la première de France pour les villes de plus de 100.000 habitants, et la dette 50 % supérieure à la moyenne, avec un équilibre budgétaire à la limite de la loi. Mais je n’augmenterai pas les impôts car ils sont inégalitaires. »

« Ça avance, mais la situation financière complique ce dossier. On travaille à la gratuité pour les 18-25 ans, avec une tarification en baisse de 30 % dès le mois de septembre. Pour les autoroutes ouvertes aux vélos, le plan sera déployé à partir de l’automne. On a +25 % de déplacements à vélo en un an, les gens sont prêts. »

« Cela a fait beaucoup d’écho parce que cela parle à beaucoup de gens. Cette surexcitation pour la consommation, avec essentiellement en ville de la pub pour l’alcool, les voitures et la lingerie féminine, n’est pas forcément quelque chose dont on a envie que les enfants voient quand ils vont à l’école. C’est possible de l’enlever. Cela nous a coûté 150.000 euros, mais on a pu faire des économies en diminuant les indemnités des élus de 25 % ou en divisant par deux le budget communication de la ville, ce qui a économisé un million d’euros. »

« Il y a un équilibre local à trouver avec des systèmes de protection des troupeaux et des chiens adaptés. Ce sont des solutions consensuelles à trouver localement. Mais ce n’est pas en éradiquant les prédateurs que l’on préserve le monde animalier ou la biodiversité. »

« Cela va dans le bon sens. Elle respecte les réalités des territoires où le marché du logement est tendu. A Grenoble comme à Lille, il y a une volonté de mettre en place cet encadrement des loyers. Cela pourrait démarrer fin 2016. C’est une question clé à Grenoble, où les loyers ont augmenté de 40 % en dix ans. On est à 10 à 12 euros le mètre carré actuellement. On paie en France 50 % de plus qu’en Allemagne, c’est une contrainte de dépense forte pour les ménages. On peut travailler sur la construction de logements sociaux et sur l’encadrement des loyers. »