Vincent Lambert: Des évêques Rhônalpins vent debout contre l'arrêt des soins

SOCIÉTÉ Les signataires, parmi lesquels le cardinal Barbarin, interviennent deux jours avant la décision du CHU de Reims...

Elisa Frisullo

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Photo datant du 3 juin 2015 de Vincent Lambert, prise par sa famille au CHU de Reims
Photo datant du 3 juin 2015 de Vincent Lambert, prise par sa famille au CHU de Reims — - Famille de Vincent Lambert

Ils ont signé ce mardi une déclaration commune publiée sur le site du diocèse de Lyon. Les évêques de Rhône-Alpes, région où habitent les parents de Vincent Lambert, des catholiques traditionalistes farouchement opposés à un arrêt des soins, se sont élevés contre une décision médicale qui «risque de provoquer délibérément sa mort».

Une semaine cruciale

Vincent Lambert n'est «pas en fin de vie» et «ne fait l'objet d'aucun soin disproportionné», martèlent-ils dans une déclaration commune publiée sur le site internet du diocèse de Lyon, à deux jours de l'annonce de l'équipe médicale du CHU de Reims. Celle-ci doit annoncer jeudi à la famille sa décision d'arrêter ou non les traitements qui maintiennent en vie le patient tétraplégique en état végétatif, victime d'un accident de la route en 2008. Décision avec laquelle l'épouse de Vincent Lambert, une grande partie de ses frères et soeurs, ainsi que son neveu, sont eux d'accord.

Les parents de Vincent Lambert ont porté plainte pour tentative d'assassinat

Le respect du cours de la vie

«En lui donnant la nourriture et l'hydratation nécessaires, ceux qui prennent soin de lui respectent simplement le cours de cette vie dont le mystère nous échappe et dont le terme n'appartient à personne», ajoutent les évêques signataires de la déclaration, dont le cardinal Philippe Barbarin, archevêque de Lyon.

«Les débats auxquels nous assistons prouvent que notre société hésite sur des principes majeurs, comme "Tu ne tueras pas" ou "Nul ne peut décider de mettre fin à la vie d'autrui". Ils étaient considérés jusqu'à présent comme des valeurs fondamentales, comme le socle de notre vivre ensemble. Et si l'on venait à y renoncer, on voit mal comment le corps médical pourrait continuer à prononcer le serment d'Hippocrate», insistent les évêques. «C'est le renoncement à ces principes qui fait peser sur la famille un poids insupportable», poursuivent-ils.

L'équipe médicale, qui a rencontré la semaine dernière l'ensemble des proches de Vincent Lambert, avait indiqué son intention «d'engager une nouvelle procédure en vue d'une décision d'arrêt des soins», conformément à la décision de la Cour européenne des droits de l'Homme (CEDH) qui a validé le 5 juin l'arrêt de son alimentation et de son hydratation artificielles.

«Aujourd'hui, notre frère Vincent n'est pas en fin de vie, et plusieurs établissements spécialisés se sont déclarés prêts à le recevoir. Qu'est-ce qui l'empêche?», concluent les évêques de Chambéry, Viviers, Lyon, Annecy, Grenoble-Vienne, Saint-Etienne, Valence et Belley-Ars. En juin, l'archevêché de Reims avait dénoncé «une forme consciente ou inconsciente d'euthanasie» après la décision de la CEDH de valider l'arrêt des soins de Vincent Lambert autorisé par le Conseil d'Etat.