Center Parcs de Roybon : La justice porte un nouveau coup d'arrêt au projet

ENVIRONNEMENT Appelé à se prononcer sur le fond du dossier, le tribunal administratif de Grenoble a annulé jeudi un arrêté préfectoral indispensable à la construction du village vacances...

C.G. avec AFP

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Les "zadistes" opposés au projet du centrer parcs de Roybon, se sont installés en forêt de Chambaran.
Les "zadistes" opposés au projet du centrer parcs de Roybon, se sont installés en forêt de Chambaran. — Xavier Vila/Sipa

Nouveau coup de théâtre. Le projet du Center Parcs de Roybon dans l’Isère connaît un énième coup d’arrêt. Appelé à se prononcer sur le fond du dossier, le tribunal administratif de Grenoble a annulé jeudi matin un arrêté préfectoral, pourtant indispensable à la réalisation du village vacances. Toutefois, le jugement complet devrait être publié à 14h.

Le groupe Pierre & Vacances, porteur du projet, a immédiatement annoncé son intention de faire appel, en se disant « convaincu du bien-fondé économique et environnemental du projet sur lequel il est engagé depuis sept ans ».

Center Parcs de Roybon : Le rapporteur public favorable à la réalisation du projet

Le 2 juillet, le rapporteur public avait recommandé « l’annulation totale, immédiate et rétroactive » de l’arrêté préfectoral en question, autorisant le groupe Pierre & Vacances à construire ce village vacances, au titre de la loi sur l’eau. Il avait estimé que cet arrêté était illégal pour deux raisons : l’absence de saisine de la Commission nationale du débat public (CNDP) et l’insuffisance des mesures compensant la destruction de zones humides.

Si le tribunal décide de suivre désormais cet avis, il irait ainsi à l’encontre du Conseil d’Etat, qui au mois de juin, avait estimé légal cet arrêté.

Le projet soutenu par les élus

« Cette décision de justice va dans le bon sens », réagit Sabine Buis, secrétaire nationale à la transition énergétique et à l’écologie du Parti socialiste. « Les règles de la participation du public sont indispensables pour que le projet soit accepté par les citoyens », estime-t-elle ajoutant que « la destruction des zones humides ne saurait être banalisée ou prise à la légère ».

Le projet est pourtant soutenu depuis ses origines par une vaste coalition d’élus locaux de droite et de gauche, au premier rang desquels l’actuel secrétaire d’Etat à la réforme territoriale André Vallini (PS).

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La décision du tribunal devrait réjouir les militants zadistes que le préfet avait promis d’expulser en cas de validation du projet. Installés dans une maison forestière à proximité du chantier, ils bloquent l’avancement des travaux depuis décembre.