VIDEO. Equipe de France: «On a toujours voulu jouer à la maison», assume Boris Diaw

INTERVIEW Le capitaine des Bleus s’est confié à « 20 Minutes » mercredi sur les chances françaises à l’Eurobasket…

Propos recueillis par Jérémy Laugier

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Cet été, Boris Diaw (ici lors du Mondial 2014) sera certain de ne pas retrouver Juan Carlos Navarro, qui fait partie des nombreux absents de la sélection espagnole.
Cet été, Boris Diaw (ici lors du Mondial 2014) sera certain de ne pas retrouver Juan Carlos Navarro, qui fait partie des nombreux absents de la sélection espagnole. — Daniel Ochoa de Olza/AP/SIPA

Qu’on se le dise, Boris Diaw est toujours aussi cool que quinze ans plus tôt, lorsqu’il remportait le Championnat d’Europe juniors en Croatie aux côtés de son ami Tony Parker. A l’occasion de l’inauguration mercredi du club de fitness Proxiforme, à Neuville-sur-Saône, dont il est à la fois le parrain et l’un des actionnaires, le capitaine des Bleus s’est confié à 20 Minutes, deux mois avant un alléchant Eurobasket en France.

Vous êtes de passage dans la région lyonnaise en même temps que Tony Parker. Etes-vous épaté par son implication concernant l’Asvel, même pendant la saison NBA ?

Tony gère bien son temps. Il parvient à regarder tous les matchs de l’Asvel depuis San Antonio et il est toujours en contact direct pour prendre des décisions.

Il vient d’officialiser quatre recrues à l’Asvel, dont Charles Kahudi, que vous avez l’habitude de côtoyer en équipe de France…

C’est un joueur assez complet, comme on l’a vu la saison passée en Pro A (12,7 points et 5,5 rebonds en moyenne au Mans). Je le vois comme une bonne pioche pour l’Asvel.

Justement, suivez-vous toujours la Pro A, que vous avez quittée en 2003 ?

Plutôt de loin. De par mon rôle à Bordeaux, je suis davantage le championnat de Nationale 1 que la Pro A.

A-t-il été dur de partir aussi tôt en vacances après l’élimination au premier tour des play-offs face aux Clippers, à la suite d’un ultime shoot victorieux de Chris Paul ?

Non, on a perdu et il fallait vite passer à autre chose. On sait qu’on ne peut pas gagner tout le temps et ça ne s’est pas joué à grand-chose. Là, c’était le dernier tir, du dernier match, à la dernière seconde. C’est le basket…

Avez-vous immédiatement eu en tête cet Eurobasket en France, du 5 au 20 septembre ?

C’est forcément une très grosse échéance pour nous. On a toujours voulu jouer à la maison, devant notre public. Faire un Championnat d’Europe en France en défendant notre titre, ça nous met encore plus la pression.

Vous faisiez déjà partie des favoris, mais avec tous les forfaits dans la sélection espagnole, cela est encore plus le cas, non ?

Je ne sais pas encore qui est forfait…

Il devrait y avoir Marc Gasol en plus de Navarro, Rubio et Calderon…

Ah, il y a aussi Rubio (surpris) ? De toute façon, nous sommes favoris en étant champions d’Europe en titre et en jouant à la maison. Ça ne change rien selon moi. Ce n’est pas parce que ces joueurs-là ne viennent pas qu’ils ne vont pas être bien remplacés. L’Espagne a assez de réserve pour avoir une formation très dangereuse. Il y aura d’autres équipes aussi, à commencer par la Serbie qui nous a battus l’an passé en demi-finale de la Coupe du monde. C’est aussi un gros morceau, tout comme l’Allemagne, la Turquie, la Grèce et même la Russie.

A 33 ans, savez-vous quand vous allez arrêter votre carrière de basketteur ?

Pas du tout, je ne me projette jamais plus loin que la saison suivante.

Comment votre profil de joueur très altruiste (3 passes en moyenne et moins de 8 shoots tentés par match avec les Spurs la saison passée) est-il perçu dans une Ligue si individualiste ?

Ça surprend encore parfois, même si certains me connaissent depuis plusieurs années. Mon profil marche dans certains systèmes de certaines équipes, en fonction des coachs notamment. A San Antonio, c’est parfait car mon jeu est exactement dans la philosophie du club et de (Gregg) Popovich. La force de cette équipe tient dans son profil de jeu atypique et dans son recrutement de joueurs pouvant s’inscrire au cœur de ce projet-là.

Vous arrive-t-il encore, même après 12 saisons en NBA, de subir des reproches concernant votre timidité offensive ?

Disons que des fois, je prends des shoots et à d’autres moments, j’essaie plus de faire jouer les autres. Mais ça va, je pense que Popovich est plutôt content des décisions que je prends sur le terrain avec San Antonio. Enfin, dans l’ensemble car il va toujours gueuler à un moment ou à un autre (sourire).