VIDEO. OL: Les trois plus gros flops du recrutement lyonnais en défense centrale

FOOTBALL Hormis avec Cris, Lyon n’a pas souvent été inspiré dans ses choix de défenseurs centraux depuis quinze ans. «20 Minutes» décrypte ses trois échecs les plus problématiques...

Jérémy Laugier

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Sous le maillot lyonnais, John Mensah a tout de même pu défier le Barça de Thierry Henry en février 2009. SIP
Sous le maillot lyonnais, John Mensah a tout de même pu défier le Barça de Thierry Henry en février 2009. SIP — PASCAL FAYOLLE

Depuis plusieurs semaines, l’OL s’active pour recruter un défenseur central. Si « trois joueurs ont donné leur accord » (dont a priori Nicolas Nkoulou et Adil Rami), comme l’a confié Jean-Michel Aulas vendredi, aucune négociation n’a pour le moment abouti, à cinq jours de la reprise de l’entraînement.

20 Minutes se plonge dans les précédents transferts du club lyonnais à ce poste clé depuis 15 ans. En constatant que dans cette période, seul Cris a totalement convaincu, loin devant Bisevac, Boumsong et Squillaci. Quant à Pape Diakhaté (prêté par Kiev en 2010-2011, 24 rencontres de L1 avec l'OL) et Bakary Koné (arrivé de Guingamp en 2011, 83 matchs de L1), ils échappent de peu à notre podium de flops défensifs.

1. John Mensah (13 matchs de L1 de 2008 à 2012)

L’international ghanéen est arrivé de Rennes avec une image de roc indestructible, et ce pour une coquette somme de 8,4 millions d’euros. En deux ans et demi en Bretagne, John Mensah a pourtant déjà manqué 30 rencontres de Ligue 1. Les louanges qui lui sont adressées, le 21 juillet 2008 lors de sa présentation, font forcément sourire aujourd’hui.

« L’objectif était de prendre le meilleur défenseur, avec Cris, du championnat, lance alors sérieusement Jean-Michel Aulas. C’est chose faite. Michael Essien nous a dit qu’il était plus fort que lui, c’est dire ! » Si Yoann Gourcuff lui a depuis chipé son statut de joueur le plus fragile de l’histoire de l’OL, John Mensah signe contrairement à l’ancien Bordelais des prestations souvent décevantes, à l’image d’une expulsion en première mi-temps à Toulouse (0-0) en mai 2009.

Trois mois plus tôt, il se serait bien passé de l’épisode des insultes racistes lancées par un « supporter » havrais à Gerland, avant d’être là aussi expulsé. A l’OL, il trouve le moyen de ne disputer que dix rencontres de championnat en intégralité de 2008 à 2012. Un parcours entrecoupé par des prêts durant deux saisons consécutives (de 2009 à 2011) à Sunderland. En juillet 2012, John Mensah et l’OL résilient à l’amiable un contrat initialement de cinq saisons. Impossible aujourd’hui de trouver une trace de l’ancien capitaine des Black Stars de 32 ans dans la rubrique football.

2. Cleber Anderson (12 matchs de L1 de 2007 à 2010)

Lorsque Cris subit une rupture des ligaments croisés à Toulouse en août 2007, l’OL réagit en engageant pour quatre saisons et 4,8 millions d’euros un autre défenseur brésilien. Ancien joueur de Benfica (2005-2007), Cleber Anderson dispute (à son rythme) 12 matchs consécutifs en L1 avant de connaître exactement le même sort en janvier 2008 face au Mans. Jean-Alain Boumsong arrive immédiatement en renfort.

A son retour de blessure, cet international (une sélection et un but en 2005) dégringole dans la hiérarchie et se retrouve prêté à São Paulo, puis Cruzeiro en 2008-2009. Avec Claude Puel, Cleber Anderson ne dispute pas la moindre minute, étant soit blessé, soit en CFA durant la saison 2009-2010 à Lyon. Comme pour John Mensah, son contrat est résilié une année avant son terme. A 35 ans, il n’a, d’après nos recherches, plus de club.

Ici au duel avec l’ex-attaquant de l’OM Mamadou Niang, Cleber Anderson n’a pas laissé un grand souvenir de son passage à Gerland, de 2007 à 2010. - PASCAL FAYOLLE - SIPA

 

3. Dejan Lovren (72 matchs de L1 de janvier 2010 à 2013)

Recruté en janvier 2010 pour 8 millions d’euros, à seulement 20 ans, l’international croate va nettement plus jouer à Lyon que John Mensah et Cleber Anderson réunis (72 matchs de L1 jusqu’en 2013). Mais sa lenteur, sa naïveté et son agressivité (5 cartons rouges au total en L1) sont trop souvent préjudiciables à l’OL. Surnommé « l’homme qui fait des boulettes » dans son pays, Dejan Lovren se distingue notamment durant deux mois de folie, entre février et mars 2013 et des déroutes à Ajaccio (3-1), Bastia (4-1) puis face à Sochaux (1-2).

Finalement, il n’a jamais été aussi populaire à Lyon qu’en avril 2013, lorsque plus de 10.000 supporters de l’OL ont tenté de le transférer au Barça via un sondage sur le site d’El Mundo Deportivo. Le club catalan ne lui tend pas les bras durant l’été 2013 mais Jean-Michel Aulas parvient à le vendre à la surprise générale pour la jolie somme de 10 millions d’euros à Southampton. Le mystère se poursuit puisqu’un an plus tard, le Croate rejoint cette fois Liverpool… pour 25 millions d’euros !

Il n’est pas étranger à la mauvaise saison des Reds, à l’image de son hallucinant tir au but synonyme d’élimination en Ligue Europa face à Besiktas. Dejan Lovren trouve tout de même le moyen, en novembre dernier, de postuler comme futur capitaine dans son nouveau club pour succéder à un certain Steven Gerrard.